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@Arthur - 29 mai 2012

“La Cité de Subaka représente l’avenir du monde, nous ne laisserons pas les autorités tuer notre ambition.”

C’est fait. Mardi 4 mai, le maire de Subaka a officiellement demandé aux autorités japonaises l’autonomie de sa cité située à l’Est de la fosse des Kouriles. Elu en mars dernier à la tête de la première cité sous-marine, il n’aura pas mis longtemps à formuler la demande d’autonomie que les Japonais craignaient depuis sa création. Subaka a vu le jour en mars 2026. En 2030, 5000 habitants s’y étaient déjà installés.

On en dénombrerait à ce jour plus de 20000. Ce projet de cité sous-marine est né le lendemain de l’accident nucléaire de Fukushima, en 2011. A l’origine, Subaka devait être une expérimentation grandeur nature des différentes techniques de production d’énergies en milieu marin : hydroliennes et boudins flottants articulés pour récupérer l’énergie des vagues, bouées sous-marines génératrices de pression, ailes sous-marines oscillant au gré des courants de marée, centrales fonctionnant à l’eau de mer grâce à la technologie osmotique, récupération de l’uranium dissout dans l’eau de mer pour des centrales nucléaires sous-marines plus sûres, machines thermiques exploitant la différence de température entre les eaux profondes et superficielles, et bien d’autres encore…

L’ambition était double. D’une part, l’Etat japonais souhaitait trouver de nouvelles solutions énergétiques par crainte d’un nouvel accident nucléaire et de l’opposition de plus en plus poussée de la population à l’utilisation de cette source d’énergie. D’autre part, face à la récession mondiale provoquée par la crise des dettes souveraines et face aux problèmes de l’urbanisation galopante, le Japon voulait devenir le leader mondial des nouvelles solutions énergétiques.

A la suite des émeutes de la faim et de l’eau en Chine en 2021, le projet Subaka a pris une autre tournure. Il s’est transformé en expérimentation d’une cité autonome : exploitation de l’énergie de l’océan, dessalement d’eau de mer, production agricole verticale… Grâce à l’effort de recherche considérable fourni sur la production d’énergie, Subaka put être dès sa première année d’existence exportatrice nette d’énergie vers l’archipel nippon.

Pour réaliser ce projet pharaonique, l’Etat japonais dut mobiliser des financements privés, les fonds des organismes mondiaux ne suffisant plus. C’est ainsi que trois majors de l’énergie, marocaine, algérienne et greque ont investi massivement dans le projet. Compte tenu des sommes en jeu, ils sont arrivés à obtenir une gouvernance semi-privée de la cité. Depuis ce jour, l’Etat craignait une demande d’autonomie politique de Subaka. Lors des célébrations du cinquième anniversaire de la cité, le triumvirat des majors a ainsi posé un ultimatum au gouvernement japonais. “Si l’Etat japonais s’entête à prélever le montant actuel des taxes auprès des habitants de Subaka, le conseil municipal décidera unilatéralement d’arrêter les 20 turbines de 1500 MW qui permettent aujourd’hui de fournir de l’énergie à un cinquième des habitants de l’archipel ! Ces taxes détournent des fonds qui pourraient être alloués à l’amélioration des solutions existantes.”

C’est presque fait ! Dans la lettre qu’il a adressée au Premier ministre japonais, le maire de Subaka annonce l’arrêt progressif des 20 turbines à la fin du mois de juin, si aucun accord n’est trouvé d’ici là sur le niveau des prélèvements des habitants de la cité. Les Etats partenaires des 3 majors sur 500 autres projets de cités sous-marines dans le monde ont immédiatement réagi en invitant le gouvernement japonais à trouver un accord “pour assurer l’avenir de solutions énergétiques critiques pour les 10 milliards d’individus que la planète comptera en 2050.”

Prochaine chronique : le mariage de deux géants de l’énergie…

Auteurs :
Sébastien Hubert, Senior Consultant
Isabelle Viennois, Senior Manager