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http://blogfinance.bearingpoint.com/wp-content/uploads/2016/05/Fotolia_58620956_Subscription_L_PLUS-300x192.jpgUbérisation de l’économie ? Buzz et campagne de Marketing viral ? Digital Natives et Génération Y ? Autant d’expressions qui font désormais partie de notre langage quotidien. La transformation digitale a bouleversé les modèles économiques traditionnels ainsi que notre rapport aux informations et au temps.

Cette évolution s’accompagne de changements profonds dans la culture, la capacité à innover (entrepreneuriat et intrapreneuriat) et l’organisation des entreprises. Cela se traduit déjà fortement dans certaines fonctions comme le commerce et le marketing, et l’apparition d’une nouvelle fonction le CDO, Chief Digital Officer.

Les directions financières ne sont pas épargnées par cette révolution digitale !

Les clients développent de nouvelles attentes vis-à-vis des directions financières. L’évolution de l’environnement des entreprises pousse à être plus réactif et à disposer d’informations pertinentes le plus rapidement possible : dans ce cadre, on note un appétit croissant pour les données prévisionnelles et la capacité à jouer des scénarios prédictifs. Evidemment, les clients de la fonction restent friands de disposer de l'information la plus fiable au meilleur coût. Enfin, on observe également une demande vers plus de flexibilité et d’adaptabilité des outils en place

Pour y répondre, de nouveaux types d’outils apparaissent, connus sous le terme de SMAC :

  • Social : pour l’ensemble des outils type réseau social ou collaboratif
  • Mobile : pour l’ensemble des outils disponibles sur mobile
  • Analytics : pour définir les outils de nouvelle génération bénéficiant de capacité d’analyse supérieure - ou Big Data - permettant de mettre à disposition la seule information pertinente dans la masse de données disponibles
  • Cloud : pour l’ensemble des outils disponibles en ligne, à l’ergonomie fortement repensée, tournés vers l’expérience utilisateur et ouvrant de nouvelles perspectives en matière de collaboration avec l’environnement externe de l’entreprise

Et le CFO dans tout ça ?

D’après notre enquête récente sur le sujet, les directeurs financiers sont conscients de cette révolution en marche mais peu d’entre eux ont sauté le pas. Seuls 35% des directeurs financiers déclarent avoir défini une stratégie digitale pour leur fonction

Comment expliquer ce retard ?

  • Les aspects régaliens peuvent expliquer une partie du retard de la fonction : la priorité est donnée à la qualité et à la fiabilité des chiffres
  • La méconnaissance des outils
  • La résistance au changement apparaît comme un frein majeur à la popularisation de ces nouveaux outils
  • La sécurité des données : historiquement le problème majeur est notamment lié au cloud, mais ce problème est en train de s’estomper
  • Le peu d’anticipation des compétences nécessaires aux collaborateurs de demain

Quel intérêt pour les CFO de sauter le pas vers le Digital ? Quels sont les risques à ne pas le faire ?

Comme certaines entreprises bien connues qui ont raté des virages technologiques majeurs (Kodak et le numérique dans les années 90, Blackberry et les smartphones en 2007…), les CFO ont fort à perdre s’ils ne s’adaptent pas.

Trois risques majeurs sont à souligner : la perte d’attractivité de la fonction, surtout auprès des 'digital natives', la contestation grandissante du CFO en tant que Business Partner dans l’entreprise et la diminution de l’influence traditionnelle du CFO dans l’architecture de l’information au sein de l’entreprise.

L’adoption de ces leviers technologiques doit permettre aux CFO de rendre leurs directions plus efficaces et de recentrer leurs efforts sur des analyses à plus forte valeur ajoutée. La transformation digitale de la fonction finance peut aussi servir d’accélérateur à la transformation des autres directions de l’entreprise. Le rôle et la vision transverses du CFO le place au premier plan pour s’affirmer en tant que Business Partner auc côtés des Directions Générales et Opérationnelles

Quelles sont les grandes tendances ?

La priorité actuelle est donnée aux outils d’analyse et de prédiction financière (Analytics). Ainsi, 34% des sondés déclarent avoir un projet d’application Cloud pour le planning et le forescasting et 76% des CFO ont formulé des attentes fortes en matière de disponibilité en temps réel des données.

La montée en puissance du Cloud permet l’arrivée de nombreux acteurs dans tous les domaines financiers qui viennent compléter les dotations des ERP classiques. Cette tendance pousse les grands acteurs (SAP, Oracle) à la réécriture des ERP pour être disponibles dans le cloud et à l’acquisition ciblée pour rattraper leur retard ou capitaliser sur des solutions de niches (ex : SAP), confirmant par la même l’ampleur de la révolution qui est en marche.

La multiplication des applications mobiles dans la fonction finance apparaît comme une évidence. Les CFO s’attendent à un doublement des applications disponibles sur mobile à horizon 3 ans, ainsi qu’à une portabilité accrue des nouveaux outils.

La grande inconnue porte sur le rôle des outils type réseau social ou collaboratif dans la digitalisation de la fonction finance. Pour 82% des DAF, le partage d’informations et de bonnes pratiques est une amélioration attendue des nouveaux outils, mais les cas d’applications semblent encore méconnus.

Quels sont les cas d’usage ?

Les cas d’usage sont multiples. Loin de vouloir donner une liste exhaustive, les illustrations suivantes permettent de mieux cerner l’horizon des directions financières de demain :

Des outils prédictifs embarquant des données exogènes à l’entreprise

  • Des applications de planning / forecasting qui embarquent nativement des fonctionnalités de Big Data pour définir des modèles prédictifs
  • Procure-to-Pay : des plateformes collaboratives mettant en relation clients et fournisseurs au sein d’un même outil, permettant au client de proposer du reverse factoring(1) en plus de dématérialiser les flux
  • Order-to-Cash : des applications de credit management qui s’appuient directement et nativement sur les données financières des partenaires pour optimiser le recouvrement
  • Record-to-Report : l’apparition d’outils dédiés à l’accompagnement de la clôture comptable, complétant avantageusement les fonctionnalités proposées par les ERP
  • eProcessus : mise en place de processus dématérialisés du smartphone à l’ERP. Ex : notes de frais
  • DYOA (Do Your Own App) : des applications légères créées de manière ad hoc Ex : gestion des demandes d’investissement
  • Des Communautés par fonction au sein de l’entreprise pour partager les bonnes pratiques (approche amélioration continue, approche participative dans le cadre de la construction budgétaire…)
  • Des MOOC : plateformes de formations accessibles au plus grand nombre au sein de la communauté financière

Conclusion

La digitalisation de la fonction finance est un virage à ne pas manquer, mais trop peu de CFOs semblent avoir adopté une stratégie digitale claire. Cette révolution va impacter fortement les façons de travailler au sein des fonctions finance, ainsi que les attentes de leurs clients. Celui qui maîtrisera les données aura les cartes en main. L’apport de nouvelles compétences, de sang neuf et d’approches en rupture (ex : data scientists, profil ingénieurs…) sera nécessaire dans cette gestion des données.

Le CFO doit rester au centre de l’organisation de l’entreprise. Il doit anticiper les besoins d’analyse business pour apporter davantage de valeur ajoutée aux directions opérationnelles et continuer à jouer un rôle clé dans la construction du système d’information de l’entreprise. De là à envisager une redéfinition de la gouvernance dans les directions financières par la création d’un nouveau rôle, celui du Digital CFO, il n’y a qu’un pas !

Auteurs : Sébastien Canonne, Virginie Lefebvre      

  • Source :

    (1) "Dans le cadre d’un programme de reverse factoring (ou affacturage inversé), le client – généralement un grand donneur d’ordre ayant un vaste écosystème de fournisseurs – propose à ces derniers de se faire payer comptant leurs factures, moyennant un escompte. Le financement est alors assuré par un organisme (banque ou société d’affacturage) qui règle le fournisseur par anticipation et se fait ensuite payer par le client à la date d’échéance de la facture, moyennant une commission." (Les Echos)

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