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La gestion durable des chaines d’approvisionnement (supply chains), certes le sujet n’est pas nouveau, et plusieurs entreprises ont entrepris des démarches timides, parfois opportunistes ou palliatives. Avec l’évolution des règlementations françaises et internationales (devoir de vigilance en France, slavery act au UK, entre autres) le contrôle systématique de sa chaîne d’approvisionnement n’est plus un choix. Au-delà d’une simple conformité règlementaire, ces évolutions ouvrent de vraies opportunités pour les entreprises pour repenser leurs stratégies d’achats et restructurer leurs relations avec leurs fournisseurs. A gagner ? Une chaîne d’approvisionnement plus efficace et durable. Certes, la tâche n’est pas mince, quand on considère qu’un grand groupe peut avoir des dizaines de milliers de fournisseurs (Unilever travaille avec plus d’1 million de producteurs !). Heureusement, des outils et solutions pour entreprendre des démarches responsables existent pour autant que leur utilisation soit structurée.

Une nouvelle règlementation en France – le devoir de vigilance : ce qui va changer

 

Cette loi, qui doit être bientôt promulguée en France, oblige les sociétés mères/donneuses d’ordre à contrôler leurs chaines d’approvisionnement et à mieux connaitre leurs fournisseurs ainsi que leurs sous-traitants et leurs filiales. Dans sa dernière version, le texte cible environ 150 sociétés françaises. Ces entreprises seront obligées, entre autres, de cartographier les risques fournisseurs et mettre en place des dispositifs de prévention et mécanismes d’alerte pour prévenir les dommages graves relatifs aux droits humains, à la santé, la sécutrité des personnes et l’environnement.

Plus qu’un devoir de conformité, la question de la pérennité même de l’entreprise est en jeu

Au-delà des nouvelles contraintes légales, la gestion responsable de ses fournisseurs devient un véritable enjeu stratégique pour les entreprises. La raréfaction des ressources, due à la surexploitation ou à la dégradation de l’environnement, fait de la sécurisation des matières premières un enjeu de pérennité pour les entreprises. Par ailleurs, les consommateurs exigent de plus en plus de transparence sur l’origine des produits qu’ils achètent. Les millennials sont plus soucieux des enjeux environnementaux et sociaux que leurs parents. Enfin, l’intensification de la mondialisation multiplie les pressions sur les chaînes d’approvisionnement (enjeux politiques, sociaux, culturels…), obligeant les entreprises à les étudier de plus près.

Le screening des fournisseurs : une étape essentielle pour adopter la bonne démarche

 

  • Démarche d’évaluation : l’audit et les questionnaires RSE, ainsi que les systèmes de traçabilité en font partie, menés par l’entreprise elle-même ou un tiers. Ces démarches donnent une meilleure compréhension des chaines d’approvisionnement avec de nombreux fournisseurs diffus géographiquement, ou présentant des risques sociaux ou environnementaux
  • Démarche collaborative : les fournisseurs et l’entreprise définissent conjointement les règles de production, établissant des partenariats ou certificats/labels pour une démarche gagnant-gagnant. Ces approches bénéficient aux entreprises qui cherchent à améliorer les pratiques de production, ou à sécuriser une matière première rare ou stratégique, en sécurisant ses fournisseurs les plus fragiles
  • Investissement : dans certains cas, l’entreprise peut chercher à investir dans les activités de ses fournisseurs, contribuant à leur montée en compétences. Ce peut être la solution pour ces sociétés dont les matières premières sont hautement stratégiques ou rares. Elle peut aussi aider à améliorer l’image de l’entreprise à travers le soutien à des entreprises plus fragiles.

 

Découvrez la meilleure démarche pour chaque entreprise et des exemples reconnus dans notre étude.

Le numérique ouvre de nouvelles opportunités de contrôle

Les nouvelles technologies permettent aux entreprises d’évaluer et connaitre avec plus de précision leurs chaines d’approvisonnement et agir en conséquence. De nombreuses solutions ont été créées à cet effet, à titre d’exemple:

  • Greenlight assessment : un outil qui permet d’évaluer la conformité de ses fournisseurs par rapport aux objectifs fixés et de suivre ses évolutions en continu

 

  • RepRisk : analysant les parutions dans les médias et l’avis des parties prenantes, RepRisk propose une base de données de plus de 70 000 fournisseurs partout dans le monde, pour connaitre leur performance environnementale ou sociale, et faciliter l’dentification de violations de politiques

 

  • L’utilisation de flashcodes / QR codes pour permettre au client de connaitre l’origine d’un produit et ses conditions de fabrication, comme le fait la société néo-zélandaise Icebreaker.

 

Restructurer et contrôler sa supply chain permettra aux enterprises de maîtriser leurs ressources et optimiser leur gestion du risque et ainsi, être plus responsables et durables. Comme toute transformation, elle peut générer de nombreuses opportunités de développement tant pour les entreprises que leurs fournisseurs.

 

Envie d’en savoir plus ? Retrouvez l’intégralité de notre étude ici

Auteurs :

Sabine Albouy est manager dans l’équipe Digital et Stratégie de BearingPoint. Elle accompagne les directions générales dans la transformation de leur business en conciliant performance et responsabilité.

Leire Irigoyen est consultante au sein de l’équipe Digital & Strategy. Elle s’intéresse depuis son plus jeune âge aux enjeux du développement durable. Entre ses nombreuses passions figurent la danse et la littérature.

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