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Une Supply Chain complexe

Les équipementiers aéronautiques le savent bien, et en particulier les acheteurs et approvisionneurs : l’une des principales difficultés de la Supply Chain réside dans l’aftermarket (maintenance, réparations et spares).

Il faut souvent dépenser beaucoup d’énergie, faire face à des délais interminables et à des coûts unitaires très élevés, avec parfois à la clé des problèmes de non-qualité… Tout cela pour des composants « simples » : résistances ou autres composants électroniques, visserie, câbles, boîtiers !

Les causes de ces difficultés sont connues :

  • les faibles volumes et cadences de l’aéronautique,
  • les exigences de qualité, qui se retrouvent en particulier dans les certifications aéronautiques requises par les autorités.

Dans l’aftermarket, la nécessité d’assurer la maintenance d’aéronefs relativement anciens pose la question de l’obsolescence des composants, alors que la pression client pour réduire le TAT (Turn-Around-Time, délai de réparation) s’accentue. Enfin, la demande s’avère difficile à anticiper dans l’aftermarket.

Des solutions organisationnelles autour du travail collaboratif

Des solutions existent et peuvent être mises en place. Les contrats sur les programmes aéronautiques entre avionneurs et équipementiers comprennent souvent des dispositions sur les stocks de sécurité que doit garder le fournisseur pour assurer la pérennité de la maintenance.

Au-delà de ces dispositions contractuelles, un vrai travail collaboratif sur toute la chaîne de valeur doit permettre d’anticiper autant que possible les pics de demande. La création d’une plateforme commune comme AirSupply est un pas important vers ce travail collaboratif, qui ne suffit cependant pas sans un changement des paradigmes client-fournisseur traditionnels.

La même logique de travail collaboratif doit exister en interne : le déploiement de processus S&OP (Sales & Operations Planning) répond à ce besoin. Le déploiement de démarches Lean permet également d’orienter davantage les organisations aéronautiques vers le client, et ce à toutes les étapes de la chaîne de valeur interne de l’entreprise, de l’ingénierie jusqu’aux operations.

Des solutions de rupture en vue

Les perspectives de l’aéronautique sont radieuses : les  succès répétés du Salon du Bourget cette année encore ne sont que la facette la plus brillante de carnets de commandes pleins. Les besoins du transport aérien sur les décennies à venir stimulent toute la chaîne de valeur aéronautique. Cette conjoncture est une occasion historique pour les constructeurs et équipementiers aéronautiques d’investir dans leurs moyens de production pour les moderniser. Néanmoins, les cadences de production auront beau augmenter, les volumes en jeu resteront relativement faibles par rapport à d’autres industries comme l’automobile.

Au-delà de l’optimisation des moyens de production, l’usine du futur offre des solutions prometteuses pour l’aéronautique : l’impression 3D par exemple devrait s’imposer dans ce contexte de volumes faibles, notamment grâce à la souplesse qu’elle offre sur l’arbitrage délai-stocks, et sous réserve de maîtriser les coûts de production unitaires. L’analyse prédictive et les outils du digital font également leurs preuves pour mieux appréhender l’utilisation des équipements, voire la demande du client final : le passager.

Avec une organisation orientée client, dans une logique collaborative et avec des outils appropriés, l’aftermarket deviendra encore davantage un vecteur de valeur ajoutée pour le secteur aéronautique.

Auteur : Alexandre Tomski Crapart

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