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À la souplesse du cadre d’emploi des voitures autonomes s’oppose la forte rigidité du train (de gare à gare, à heures fixes) qui n’est efficient que sur des flux importants de personnes pour lesquels il présente des gains de productivité en rapport à ses coûts d’infrastructures et de matériels. À défaut, le train doit s’envisager dans le cadre de trajets multimodaux afin de résoudre la problématique du « dernier kilomètre » (ex. établir des partenariats afin de connecter les usagers de la gare à leur domicile via des solutions alternatives telles Vélib’ ou BlaBlaCar).


Véhicules requis au transport de 60 individus

Le ferroviaire, un train d’avance sur les véhicules autonomes

Le train autonome semble déjà accepté par les populations puisque la généralisation des lignes de métro automatisées s’effectue à rythme constant sans qu’on perçoive de critiques notables. On identifie deux raisons essentielles :

  • Les passagers ne sont pas en contact direct avec le conducteur. De la sorte, ils ne sont pas impliqués directement avec le pilotage de la rame.
  • Les enjeux de sécurité sont différents. Le rail est considéré comme un moyen de déplacement sûr. Si les accidents dans lesquels il est impliqué sont souvent plus meurtriers, ces derniers sont moins fréquents : il y a eu moins de morts dans le secteur ferroviaire européen[1] en 2015 (environ 1200 morts) que sur la route[2] sur la même année pour le seul territoire français (près de 3500 personnes décédées).

Les scenarii de transition vers le tout-autonome

On perçoit deux phases structurantes dans la mise en circulation des voitures autonomes. La première phase vise à sécuriser le déplacement des véhicules par des aides à la conduite isolées (assistance au stationnement, adaptation de l’allure sur voie rapide, etc.) nécessitant une vigilance constante du conducteur. La seconde phase permettra ensuite au conducteur de déléguer entièrement la conduite de son véhicule sur tous les types de parcours (autoroutes, voies urbaines, zones périurbaines, etc.).

A l’origine d’une étude parue en avril 2016 sur le thème « La voiture sans chauffeur, bientôt une réalité », le Commissariat général à la prospective et à la stratégie « France Stratégie » a établi deux scénarios probables de déploiement de la voiture autonome. Le premier scénario, nommé « scénario de rupture », prévoit à l’horizon 2020 une généralisation soudaine de cette technologie. Le second scénario, dit « scénario tendanciel », prédit un boom de la voiture autonome à partir de 2040 au rythme du renouvellement du parc automobile et engendrant une phase de cohabitation plus longue présageant des difficultés supplémentaires.


Déploiement des voitures autonomes (en pourcentage du parc automobile)
*Source : France Stratégie

L’automatisation du secteur ferroviaire s’opère différemment, puisqu’elle ne requiert pas nécessairement le renouvellement complet de son matériel roulant et peut s’effectuer de manière plus progressive (voir les différents degrés d’automatisation du train décrits par l’Association Internationale des Transports Publics). Les adaptations intérieures et extérieures des rames constituent d’ailleurs un des défis majeurs de la digitalisation du train: ajout de capteurs, implémentation de systèmes de surveillance embarqués, mise en place de panneaux d’affichage et de communication de l’information, etc. Pour les entreprises ferroviaires, le lissage des coûts est plus favorable ; pour les usagers, les changements sont moins brutaux puisqu’ils ne remettent pas totalement en question leurs usages du train.

Une certitude dans les deux secteurs, les infrastructures doivent être adaptées. Pour le train, il peut s’agir de capteurs d’usage et d’état des installations, de stations permettant de connaître les conditions météo extérieures, de systèmes de vidéosurveillance au sol et plus généralement d’améliorations à apporter à la signalisation / à la communication sol-bord. Pour la voiture, on devra adapter les voies de circulation (marquage des voies, délimitations des files, etc.) pour faciliter les déplacements et permettre aux véhicules de communiquer avec les infrastructures routières, les péages pourront être totalement automatisés et disparaître intégralement du paysage pour identifier le passage des voitures via des capteurs.

Auteurs:
Edouard Chambalu, Analyst
François Lanquetot, Associé
Nicolas Martchenko, Consultant
Martial Soulie, Manager

  • Sources

    [1] Chiffres Eurostat 2015
    [2] Chiffres Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières 2015

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