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Selon la Commission Européenne, le terme “e-santé“ désigne l’ensemble des technologies et services pour les soins médicaux fondés sur les technologies de l’information et de la communication (TIC)[1]. La e-santé comprend donc:

  • L’ensemble des applications numériques de l’offre de soins (systèmes de dossiers électroniques distribués, SI pour les professionnels de santé et les hôpitaux, les services en ligne tels que la prescription électronique, les portails et les services en ligne pour la santé, …)
  • Les systèmes de télésanté qui incluent des actes plus larges que la telemedicine avec notamment des pratiques medico-sociales : téléinformation, téléformation, téléprescription, télémonitoring
  • Les systèmes de télémédecine et les services associés (téléconsultation, téléradiologie, télésurveillance…)

Il s’agit donc d’un ensemble très vaste de technologies et services, impliquant un large éventail d’acteurs et couvrant de nombreux domaines relevant du secteur de la santé. Cet ensemble s’inscrit dans un contexte marqué par :

  • la stratégie nationale de santé présentée le 8 février 2013 par la Ministre de la santé qui exprime la volonté de simplifier, décloisonner, recentrer autour du médecin traitant et articuler les interventions des acteurs d’un territoire autour de parcours, dans lesquels la personne est un acteur de sa santé et de sa prise en charge.
  • Le projet de loi relatif à la santé [2] vise notamment à renforcer les coordinations techniques à travers un appui aux professionnels pour la coordination des parcours complexes (plateformes territoriales d’appui) et la mobilisation des outils de coordination des parcours.

Un premier bilan macroscopique de la e-santé peut être dressé de manière positive :

  • les modalités de prise en charge des patients évoluent en France vers des soins plus intégrés : développement de filières et de réseaux de santé, regroupements entre structures (GCS et CHT, et à la faveur du projet de loi GHT), développement de parcours personnalisés (Sophia de la CNAMTS pour les patients diabétiques,…) ;
  • l’arrivée à maturité des normes et standards (techniques, juridiques, sécuritaires, …)
  • le soutien organisé à certaines innovations plutôt que la dispersion des financements,
  • la modélisation des ingénieries de projets servant de feuille de route aussi bien à des opérateurs qu’à des institutionnels (ARS).

Pour autant, des motifs d’interrogation, voire d’insatisfaction demeurent :

  • un cloisonnement qui perdure entre l’hôpital et l’ambulatoire d’une part, le sanitaire et le médico-social d’autre part ;
  • des solutions apparues sur les territoires encore peu connues, et peu appropriées par l’ensemble des acteurs concernés ;
  • un décalage entre la qualité des outils mis à disposition afin d’améliorer l’interopérabilité des SI et la difficulté des acteurs à les intégrer ;
  • s’agissant de la télémédecine, si la France a été un des premiers pays à donner un cadre juridique légal à la télémédecine[3] , son déploiement reste en retrait au regard de nombreuses expériences étrangères (Etats-Unis, Royaume-Uni, Europe du Nord notamment)

Les enjeux liés au développement de l’e-santé en France sont de 4 ordres:

  • Une e-santé centrée sur les usages pour les patients (logique de parcours) et les professionnels
  • Un modèle de gouvernance et de partage efficaces avec les acteurs industriels
  • Un modèle économique performant soutenable
  • Des infrastructures techniques sécurisées et une technologie supportant ces enjeux

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