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Sous l’impulsion de l’individu, les entreprises autorisent progressivement l’utilisation de terminaux privés pour le travail : en France, 60%[1]  d’entre elles autorisent cette pratique. Ceci n’est pas sans impact sur leur politique d’équipement : qui paie le terminal ? qui en paie l’usage ? pourquoi un tel engouement sur un sujet qui est aujourd’hui sous le feu des projecteurs ?

Trois politiques d’équipement permettent de répondre à cette nouvelle problématique.

La politique « contrôlée », est la plus répandue : l’entreprise fournit le matériel mobile et finance l’abonnement. L’employé n’engage aucun frais et doit respecter les règles d’usages et de sécurité imposées par son employeur. L’entreprise bénéficie en retour d’un contrôle total de la flotte d’équipements mobiles. Ceci lui permet d’assurer une traçabilité des terminaux et de définir des des chartes pour mieux contrôler les usages et éviter les dérives.

BYOD - Les politiques d'equipement

Les politiques « ouverte » et « hybride » prévoient que les employés utilisent leurs terminaux mobiles personnels dans l’environnement professionnel (Smartphones ou tablettes, voire PC portable). Elles sont émergentes et certaines portent le nom de programme BYOD (Bring Your Own Device).  Dans le 1er cas, l’employé fournit et paie son terminal et son abonnement. Sur la base du volontariat, il peut accéder à ses applications professionnelles grâce à une plateforme sécurisée fournie par l’entreprise tout en étant libre du choix de son équipement. L’entreprise n’a pas de responsabilité sur le terminal et l’abonnement. Sa responsabilité sur le support et la gestion des équipements est réduite. Il s’agit une politique de « BYOD » totale.

La politique « hybride » se situe au croisement des politiques contrôlée et ouverte. L’employé utilise un terminal, parfois personnel, associé à un contrat (donc une carte SIM) possédé par l’entreprise, qui autorise le mélange des usages pro et perso sur l’équipement. Elle finance la carte SIM et une partie de l’usage et s’implique dans la gestion.

Dans le cas où l’entreprise a mis en place un programme « BYOD », l’employé choisit l’équipement. L’entreprise conserve ici une légitimité sur les contraintes de sécurité, gestion des équipements et maîtrise des coûts. Il s’agit d’une politique de « BYOD » partielle.

Davantage subies qu’impulsées par l’ entreprise, ces politiques constituent une opportunité inédite pour l’entreprise de développer une nouvelle relation à l’utilisateur, dès lors qu’elle est moteur de ce changement. Elle sera à même de proposer une combinaison de ces trois politiques, adaptée aux différents  profils d’usage des employés.

Ces politiques d’un nouveau genre répondent à une évolution en profondeur des usages de communication dans l’entreprise.  Le premier facteur est le dilemme du « pro & perso ».  64%[2] des individus souhaitent séparer leurs vies pro & perso par leurs outils de communication alors que 79% affirment rester en contact avec leur travail hors des heures ouvrées. 84% d’entre eux déclarent utiliser des équipements personnels (PC, téléphone,…) à des fins professionnelles. L’employé invite dans l’entreprise ses terminaux, usages et applications.  Ce phénomène transforme le type d’équipements et d’applications utilisés par l’individu en entreprise.

Second facteur, de nouvelles habitudes de travail se dessinent, associant mobilité, travail à distance et connexion à ses communautés. L’individu est nomade et sédentaire.  Ainsi, deux tiers des employés sont dans des situations de mobilité une fois par semaine, plus d’un tiers le sont tous les jours, et cette tendance va s’accentuer. Ils travaillent en dehors des heures de bureau avec leurs mobiles personnels ou professionnels.

L’équipement de l’individu au travail va fortement évoluer mais il est difficile d’en prévoir la vitesse. Plusieurs mouvements vont s’entrechoquer, associant le développement des Smartphones, la substitution d’équipements fixes vers des terminaux intégrés multimédias et l’adoption des tablettes et écrans tactiles. Stimulées par les équipements, les applications personnelles pénètrent la sphère professionnelle. Les usages ne se limitent plus à la voix ou à la navigation sur Internet et intègrent les medias écrits, la vidéo et les réseaux sociaux, les usages collaboratifs et l’accès au SI de l’entreprise. Ainsi, 46% des employés délaissent la communication orale au profit de communications écrites, plus fréquentes et courtes. 27% des utilisateurs accèdent à des réseaux sociaux au moins une fois par jour sur leurs équipements professionnels.

Les applications professionnelles sur mobile vont se développer (ex : applications de gestion des files d’attentes sur tablette pour des vendeurs en boutique, applications de suivi d’activités pour les dirigeants, applications transverses (ex : déclaration des temps de présence) ou applications spécifiques, comme à La Poste Courrier (“Ma poste”, “Ma tournée”). 71% des décideurs sont intéressés par un accès à leurs données et environnement de travail depuis tout écran connecté. Enfin, l’accès distant aux applications métier de l’entreprise se développera sous réserve de résoudre la question de la sécurité des flux d’information associés.

Ces évolutions placent l’utilisateur au cœur des décisions télécom et IT de l’entreprise. Afin de saisir les opportunités liées à ces nouveaux usages, l’entreprise doit reprendre l’initiative et adapter sa stratégie télécoms et informatique (profils d’usage, politique d’équipements, catalogue de terminaux et applicatifs) et accompagner les usages et le changement. Enfin, cette réflexion implique toutes les fonctions de l’entreprise : Direction Générale, des Ressources Humaines, Métiers.

[1] Netmedia Europe, été 2011

[2] Les chiffres cités dans cet article sont issus d’une étude Orange Business Services, réalisée par BearingPoint et TNS Sofres en 2011, dans 5 pays en Europe. Le panel est représentatif de la population active, disposant d’un téléphone mobile payé totalement ou partiellement par l’entreprise.

Auteur:
Damya Bouferrache, Senior Consultant

Ont aussi participé à la rédaction de cet article:

Jean-Luc Vallejo, Directeur Marketing d’Orange Business Services, Ligne d’Activité Entreprise
Renée Mbaye, Directrice Market Research & Customer Intelligence Orange Business Services, Ligne d’Activité Entreprise

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