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Ne faites plus l’erreur de parler de poste de travail ! Ce concept très 20ème siècle renvoie à une époque révolue, où le travail se passait au bureau devant une boite en plastique gris surmontée d’un écran cathodique. Sans être aussi caricatural, si l’heure n’est pas à jeter vos PC par la fenêtre elle est à l’évolution des espaces de travail, concept traduisant mieux les transformations profondes que nous connaissons actuellement.

Une conjonction de tendances

Il faut en effet constater que nous vivons actuellement une conjonction de tendances bouleversant notre conception des outils de travail informatiques et télécoms. Derrière les néologismes à la mode, du BYOD (Bring Your Own Device) à l’Opexification (variabilisation des coûts IT en délivrant des solutions « as a service »), en passant par le cloud, nous sommes en train de vivre des changements très profonds. Le PC, dont les prévisions de vente selon IDC seront pour la première fois inférieures à celles des tablettes en 2013 sur le marché grand public, devient un outil de travail en déclin. Le smartphone personnel frappe à la porte du système d’information de l’entreprise. Les applications doivent se réinventer dans leur interface pour devenir mobiles, voire se réécrire en HTML5 et s’exécuter dans votre navigateur pour prolonger leur durée de vie. Le cloud transforme la gestion des infrastructures informatiques. Enfin les usages, collaboratifs notamment, croissent à un rythme soutenu.

Concilier les facteurs d’évolution

Cette liste permet de mesurer un des enjeux majeurs pour l’espace de travail de demain : la capacité de conciliation des facteurs d’évolution.

Le premier enjeu consiste à accorder des tendances technologiques et métier majeures, touchant les équipements que nous utilisons (PC, tablette, smartphone), les infrastructures (cloud) pour délivrer l’environnement de travail, les applications utilisées quotidiennement par les utilisateurs finaux ou encore les usages nouveaux se développant dans le cercle professionnel.

Derrière ces tendances, le second enjeu vise à arbitrer attraits et freins aux évolutions de l’espace de travail. Les attraits des évolutions précitées sont très levés. Ils se résument dans l’atteinte de 3 objectifs : Faire gagner l’IT en efficacité technique et financière. Développer de nouveaux usages facteurs d’une meilleure productivité. Enfin accroitre l’accessibilité au système d’information de l’entreprise, en situation de mobilité et à travers une plus grande variété d’équipements. Les freins sont tout aussi nombreux. Pour les entreprises, les risques de sécurité remettent en cause l’ouverture du poste de travail. Pour les décisionnaire IT et télécoms, c’est la crainte d’être prisonnier de choix technologiques non maitrisés et le risque de désintermédiation (développement d’usages pour les directions opérationnelles sans recours à l’aide de la DSI) qui freinent le mouvement. Chez les utilisateurs finaux, l’inquiétude sur la bonne gestion de la porosité des univers pro et personnels peut limiter la volonté de transformation.

Le nouvel espace de travail devra en effet faire cohabiter environnements professionnel et personnel. L’univers personnel investit depuis longtemps l’entreprise avec souvent un rôle d’accélérateur sur les usages. Equipements personnels ou encore applications grand public sont très fréquemment utilisés à des fins professionnelles (Dropbox et Skype par exemple, y compris dans leur version grand public, sont des services majeurs en entreprise, avec des taux de pénétration atteignant selon les estimations 20 à 35%).

La cohabitation des applications est d’ailleurs elle aussi un défi à plusieurs niveaux. Les applications seront d’origine pro ou grand public, elles devront être accessibles sur smartphone, tablette ou PC, au bureau ou en mobilité. Même leur mode d’exécution sera différent : Applications « virtualisées », Web App, applications natives, etc. Pour décrire ce phénomène, le cabinet d’études Gartner parle dans ce cas d’agrégation d’espaces de travail. Le nouveau poste de travail devra ainsi donner accès à des environnements applicatifs très hétérogènes en garantissant continuité de l’expérience utilisateur.

Réconcilier les parties prenantes

Il est difficile de parier sereinement sur ce que sera l’espace de travail de demain. La plupart des entreprises partagent ce constat et attachent de ce fait une grande importance aux phases de test des solutions (les « proofs of concept » et autres pilotes se multiplient), ainsi qu’aux prestations d’accompagnement et de support proposées par les fournisseurs de services.

Finalement, au-delà de marier les tendances technologiques, les équipements, les univers pro et perso, les différents types d’applications, l’enjeu le plus fort du nouvel espace de travail est sans doute de réconcilier les parties prenantes sur le dossier. Les décisionnaires IT ont l’impression de perdre le contrôle, poussés au crime par des utilisateurs finaux peu regardant sur la sécurité, tandis que ces derniers leur reprochent de ne pas jouer leur rôle de business partners.

Le salut sera sans doute dans une approche intermédiaire, réconciliant les opportunités technologiques et la bonne appréhension du métier des utilisateurs finaux en leur promettant peut être une révolution dans leur façon de travailler.

Auteur:
Franck Szabo, Senior Manager

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