Malgré ses 1,28 milliard d’habitants, l’Afrique possède la plus faible contribution à la Valeur Ajoutée Manufacturière (VAM) mondiale : moins de 2% en 2015. Aujourd’hui, la croissance économique de la majorité des pays d’Afrique demeure peu compétitive, centrée sur ses matières premières. L’industrie est de loin le maillon faible des tissus économiques africains.

Comment expliquer ce retard ? Comment le continent peut-il libérer son potentiel tout en tenant compte des erreurs du passé ? Par quels moyens les économies africaines peuvent-elles instaurer les fondements d’une croissance forte, résiliente et durable ?

Le développement industriel Africain est un processus complexe en proie aux contraintes structurelles du continent. Déficit en infrastructures, climat des affaires incertain, marchés financiers insuffisamment développés, faible exploitation du capital humain… autant de contraintes entretenues par une faiblesse du modèle d’éducation sur le continent et témoignant d’une difficulté à s’adapter aux réalités économiques. Ces contraintes structurelles pénalisent l’éclosion de tous les secteurs industriels - de l’agro-business, à l’industrie pharmaceutique - et font émerger autant de défis dans chacun des pays du continent.

Mais si l’Afrique est une terre de challenges, elle est également un vaste territoire d’opportunités. Le continent dispose de facteurs structurels solides qui constituent des vecteurs importants pour le décollage de son industrie manufacturière. Le continent affiche par exemple le taux d’urbanisation le plus important du monde, une croissance importante des marchés intérieurs grâce à une classe moyenne en plein essor ainsi qu’un boom démographique ou encore un fort potentiel d’intégration régionale. Par ailleurs, grâce à une utilisation grandissante des services mobiles, les pays gagnent en efficacité et en productivité. L’écosystème mobile représentait environ 3,5 millions d’emplois en Afrique subsaharienne en 2016. Afin de transformer ces atouts en opportunités tangibles, l’émergence industrielle africaine devra s’appuyer sur la mise en place de politiques économiques et industrielles multidimensionnelles probantes.

Enfin, à mesure que le secteur manufacturier mondial se numérise, les opportunités se multiplient pour l’Afrique. Nous avons développé et analysé 4 scénarii pour simuler les évolutions possibles de la Valeur Ajoutée Manufacturière (VAM) en Afrique sur les 30 prochaines années.  Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) permettent de repenser le rattrapage industriel africain en complétant et en catalysant l’activité manufacturière : la digitalisation des chaînes de valeur de bout en bout permettrait de répondre à de nombreux défis auxquels fait face le continent. L’apport de la dynamique entrepreneuriale, couplée à ces nouvelles technologies (industrie 4.0 par exemple), est également fondamental : ils peuvent ensemble catalyser le décollage industriel à travers l’ouverture de perspectives pour de nouveaux secteurs.

Et si, au regard de ses spécificités, l’Afrique inventait son propre modèle industriel ? Nous avons tenté de répondre à cette question dans notre livre blanc ci-dessous. 

  • Auteurs :

     Jean-Michel Huet, Associé Africa & International Development, BearingPoint

    Amine Bennis, Manager, BearingPoint

    Marie Heipp, Consultante, BearingPoint

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