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Silencieux, non polluants et peu coûteux en carburant, les véhicules électriques se sont multipliés ces dernières années en raison de la prise de conscience par l’opinion et les pouvoirs publics de la responsabilité environnementale du secteur automobile. La baisse progressive du prix des batteries vient renforcer ce dynamisme. Face aux difficultés des motorisations thermiques traditionnelles[1], ce type de véhicule constitue une solution de rupture quasi messianique, dont l’essor est facilité par la promotion qu’en fait une grande figure du monde de l’entrepreneuriat, Elon Musk, fondateur de Tesla.

Le salon de l’automobile, qui se tenait à Francfort du 14 au 24 septembre 2017, a conforté l’importance de nouveaux modèles chez les constructeurs, notamment allemands. Ceux-ci ont en effet profité de l’événement pour présenter de nouveaux modèles électriques et répliquer à l’ambition hégémonique de Tesla sur ce type de motorisation.

Pour répondre aux préoccupations environnementales et de santé publique, le véhicule électrique semble incarner la solution idéale, notamment en France. L’argument environnemental est renforcé par la structure du mix énergétique français : l’électricité provenant à 80 % de l’énergie nucléaire, rouler électrique permet de décarboner un parc automobile fortement diésélisé par des années d’encouragements fiscaux. Ces avantages masquent cependant les coûts induits par le déploiement à grande échelle de cette solution. Coût environnemental d’abord, celui de la fabrication et de la mise au rebut des batteries lithium qui propulsent les véhicules. Coût du déploiement de l’infrastructure de recharge ensuite (en raison de l’importance du temps de charge[2] et de la faible autonomie des véhicules, un grand nombre de stations sont nécessaires), et celui des mécanismes de soutien à l’achat des véhicules. Coût de l’adaptation du réseau enfin, pour que celui-ci soit à même de supporter les nombreux appels de charge potentiellement simultanés.

Ces contraintes liées à l’électrification massive du parc automobile français semblent cependant sous-évaluées par les pouvoirs publics. Depuis le Grenelle de l’Environnement, l’électricité est en effet fortement soutenue dans le secteur des transports au détriment des autres solutions[3]. Ainsi, le gaz carburant était totalement absent du projet initial de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, tandis que le Cadre d’Action National pour le développement des Carburants Alternatifs, issu de la transposition de la directive européenne AFI (Alternative Fuel Infrastructure)[4] visant à développer l’usage des carburants, n’est pas en phase avec les objectifs de la filière mobilité gaz.

Le GNV pourrait pourtant s’avérer pertinent pour répondre à des usages spécifiques, notamment hors agglomération, et participer à un mix énergétique diversifié dans le secteur des transports. Grâce à ses faibles émissions, il constitue une solution incontournable pour le transport de marchandises qui fait face à des restrictions croissantes de circulation en raison de la dépendance des poids lourds vis-à-vis du diesel. Le choix du GNV peut de plus être judicieux pour les flottes de bus des agglomérations, car il permet de réduire les problèmes de pollution tout en évitant les contraintes pesant sur l’électrique, et particulièrement le temps de recharge.

Martin Fourdrignier, Consultant
Teresa Resta, Sénior Consultante
Patrice Mallet, Directeur Associé

 


[1] Comment répondre à des attentes (minimiser la consommation de carburant, les émissions de NOx, de particules fines et de bruit) qui impliquent parfois des décisions antagonistes du point de vue des réglages moteurs ?

[2] Entre 1h dans le cas d’une charge rapide occasionnelle dans une station de charge dédiée et 12h pour une recharge à domicile sur prise murale, contre 6min à 1h pour le GNC.

[3] Notamment par des aides directes à l’achat, bonus écologiques et réductions d’impôts pour l’installation de bornes de recharges à domicile

[4] Directive « alternative fuel infrastructure » (AFI) 2014/94/UE du 22 octobre 2014

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