Avec plus de 11 millions de km², la France possède le 2ème territoire maritime mondial en termes de superficie. Ses trois façades, que sont la Manche, l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, et sa présence sur l’ensemble des océans du globe, lui permettent de bénéficier d’un potentiel de développement majeur pour les énergies maritimes.

Cependant depuis 1966, année de l’inauguration du barrage de la Rance (240 MW), aucune autre usine marée motrice n’a vu le jour. L’électricité produite grâce à la force des marées ne représente aujourd’hui que 0,2 % du mix énergétique renouvelable en France. Plusieurs projets avaient pourtant été étudiés comme un immense barrage de 23 km qui aurait relié Cancale à Granville et ainsi fermé la baie du mont Saint Michel.
Cet ouvrage d’une capacité estimée à 3 GW ne sera finalement jamais construit en raison de son impact sur l’environnement local. En effet, la forte diminution des courants naturels due à la présence d’un barrage provoque un envasement des estuaires. Cela est la principale cause de modification des écosystèmes. Conscient de cet effet indésiré, EDF participe de manière importante au financement du programme quinquennal (2018-2023) de désenvasement de la Rance.

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La force des marées n’est pas l’unique source d’énergie exploitable en milieu maritime. La France jouit de la présence de nombreux sites sur ses côtes, au niveau de la Manche notamment, où les courants marins peuvent dépasser les 5m/s (Raz Blanchard). Ces gisements, non exploités jusqu’à présent, représentent d’excellentes opportunités de production d’électricité renouvelable grâce aux hydroliennes.
« La France possède au Raz Blanchard une mine d’or d’énergie renouvelable », souligne Tim Cornelius, PDG d’Atlantis Resources. En revanche, le développement de technologies performantes et industrialisables prend du temps et de nombreux projets sont toujours en phase test. De plus, le manque de subventions du gouvernement, qui ne semble pas croire aux capacités de cette technologie, pousse certains acteurs à couper leur investissements et à se retirer des projets, comme l’a fait Naval Energies en Juillet 2018.

A l’inverse, le groupe écossais, Atlantis Resources, qui exploite déjà une ferme de 4 hydroliennes en écosse en Ecosse (projet MeyGen – 398MW), se dit prêt à investir en France et à répondre aux futurs appels d’offres. Début 2018, il avait soumis au gouvernement français une proposition pour un projet de 1 GW au Raz Blanchard. Cette bonne nouvelle permettrait de créer des emplois en France et de faire enfin décoller la filière hydrolienne, qui se présente comme la meilleure alternative actuelle aux usines marée motrice. Affaire à suivre !

 

Auteurs : 

Romain Ferrouillat, Consultant
Bopha Jumelet, Manager

Sources :

https://www.persee.fr/doc/ingeo_0020-0093_1954_num_18_4_1407

http://www.geographie.ens.fr/-Les-consequences-environnementales-.html

https://www.letelegramme.fr/bretagne/rance-edf-paiera-plus-pour-le-desenvasement-03-07-2018-12016349.php

https://www.meretmarine.com/fr/content/paimpol-brehat-nouveaux-projets-hydroliens

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/manche-hydrolien-quels-projets-attendent-le-top-depart-5836256

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-511779-manche-une-nouvelle-entreprise-veut-implanter-des-hydroliennes-dans-le-raz-blanchard

https://www.lemarin.fr/secteurs-activites/energies-marines/31262-atlantis-resources-propose-une-usine-maremotrice-au-raz

https://www.energiesdelamer.eu/publications/51-hydrolienne/4314-simec-atlantis-energy-se-positionne-a-cherbourg

https://simecatlantis.com/projects/meygen/

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