« Day Zero » n’est pas (que) le titre d’une production hollywoodienne. C’est la menace qui pèse sur les 430 000 habitants de la métropole du Cap en Afrique du Sud (1). De récentes pluies salvatrices ont provisoirement éloigné le spectre d’une fermeture des robinets mais la municipalité devra sans doute procéder à une nouvelle hausse drastique des tarifs en 2019 pour inciter ses administrés à économiser « l’or bleu ». A des milliers de kilomètres de là, dans le Sahara algérien, le décor change mais pas l’obsession de l’accès à l’eau : les manifestations citoyennes s’étaient multipliées en 2015 pour s’opposer aux forages expérimentaux réalisés par la compagnie publique Sonatrach (2). Les agriculteurs redoutaient la pollution et le détournement des rares eaux souterraines engendrés par l’exploitation du gaz de schiste. Face à la convoitise que suscite cette ressource irremplaçable, inégalement répartie et dont la qualité est menacée, des solutions ont été conçues dans le domaine de la production d’eau potable et celui de l’assainissement.

Quels sont les projets types actuellement à l’étude ou déjà mis en œuvre dans le monde ? Comment les multinationales françaises se positionnent-elles sur ce marché nécessitant de lourds investissements. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter…à l’eau et le découvrir dans notre série d’articles.

 

« On n’a pas d’eau (potable)...mais on a des idées »

 

Des bouteilles d’eau…à la mer ?

Sachant que 96,5% de l’eau présente sur notre bien nommée « planète bleue » se situe dans les océans, il fallait essayer d’exploiter ce gigantesque réservoir. De fait, les habitants d’Agadir (Maroc) pourraient bientôt vous proposer un verre d’eau…de mer, une fois que la future plus grande usine de dessalement au monde sera en activité. Opérée en partie grâce à l’énergie solaire, elle devrait être en mesure de produire en rythme de croisière 450 000 m3/jour que se partageront les touristes et les propriétaires des 13 600 hectares de plantations qui entourent la ville (3). Le groupe espagnol Abengoa en charge de sa construction a prévu de recourir au processus d’osmose inverse.

Au Moyen Orient, une autre méthode est plébiscitée pour sa capacité à mettre à profit la chaleur perdue générée par les centrales électriques fonctionnant au pétrole. Il s’agit d’extraire l’eau douce de l’eau de mer en chauffant le mélange : tandis que l’eau tend à se condenser, les impuretés et le sel demeurent sous forme solide (4). Les vapeurs d’eau sont alors placées dans un tube étanche pour être refroidies à l’eau de mer et transformées en eau liquide et pure. Environ 25 000 installations de dessalement d’eau ont vu le jour, situées pour l’essentiel aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite mais également aux Etats-Unis (Californie), en Espagne ou au Japon (5).

 

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Sources :

  1. http://www.jeuneafrique.com/525118/economie/afrique-du-sud-le-cap-se-prepare-a-une-penurie-deau-appelee-le-jour-zero/
  2. http://www.france24.com/fr/20150224-algerie-gaz-schiste-manifestation-forages-sonatrach-petrole-oppostion-environnement/
  3. http://www.jeuneafrique.com/464747/economie/maroc-le-projet-dusine-de-dessalement-a-agadir-triple-de-taille/
  4. https://www.numerama.com/sciences/280683-le-maroc-va-accueillir-une-usine-solaire-qui-transforme-leau-de-mer-en-eau-potable.html
  5. https://blueh2opower.wordpress.com/2014/11/14/leau-traitee-en-usine/

Auteurs :
Caroline Davriu , Consultant
Bopha Jumelet, Manager

 

Lire la deuxième partie de notre étude sur les grands projets mondiaux du marché de l'eau 

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