Avec l’EPR (Evolutionnary Power Reactor), EDF pense le long terme. Compte-tenu de l’urgence climatique, l’entreprise a opté pour cette solution bas carbone pour faire face au renouvellement du parc nucléaire français et à l’augmentation de la demande mondiale en électricité. Que ce soit sur les plans de la sûreté, de la puissance ou des performances économiques et environnementales, cette technologie complexe offre une performance inégalée jusqu’à présent. EDF mise une partie de son avenir sur ce fleuron de l’industrie française. En outre, les projets d’évolution que l’EPR connait actuellement pourraient bien lui donner un nouvel élan après avoir fait face à des difficultés sur les différents chantiers.

L’EPR, une technologie à la pointe de son domaine

L’EPR est né de la coopération entre Areva et Siemens à la fin des années 1980, en vue d’améliorer considérablement les niveaux de sûreté et de puissance, à travers la création d’une filiale commune. Ils ont été ensuite rejoints par EDF, ainsi que les électriciens allemands.

Fondé sur la technologie la plus répandue et très éprouvée des Réacteurs à Eau Pressurisée (REP), l’EPR bénéficie de nombreux retours d’expérience. Tout en s’inscrivant dans la continuité des REP existants, il se différencie du fait de son appartenance à la génération III+. Celle-ci correspond à des réacteurs évolutionnaires de la génération III, mis en service à partir de 2010 et intégrant le retour d’expérience de l’accident de Fukushima. L’EPR inclut donc les dernières avancées du secteur en matière de sûreté, de protection de l’environnement, de performances technique et économique.

Doté d’une capacité de puissance inédite de 1650 MWe, l’EPR est conçu pour avoir :

  • Une durée de vie plus élevée : 60 ans contre 40 à 50 ans pour les réacteurs actuels ;
  • Un meilleur rendement à puissance équivalente grâce à une consommation en combustible moindre (réduction de 17% par rapport aux réacteurs de 1300 MW) ;
  • Une production de déchets radioactifs réduite de 30%.

En termes d’objectifs de sûreté, l’EPR connait une nette amélioration par rapport aux réacteurs en exploitation. Les exigences du règlement Equipement Sous Pression Nucléaire (ESPN) de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) française conduisent à la mise en place de dispositions de conception spécifiques dans le cas où les accidents avec fusion du cœur ne peuvent pas être considérés comme physiquement impossibles.

Lire aussi « Le nucléaire a-t-il sa place dans le mix décarboné de demain ? »

Entre autres, le risque de fusion du cœur est pris en compte dès la conception grâce au récupérateur de corium capable de recueillir et refroidir le cœur fondu en cas de rupture de la cuve. Par ailleurs, le principe de défense en profondeur a donné lieu à l’implémentation de redondances supplémentaires pour les systèmes de sécurité et de contrôle commande. Enfin, l’EPR possède également une meilleure robustesse face aux agressions grâce une enceinte de confinement à double paroi.


Un marché favorable au développement de nouveaux projets

Selon l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique), plusieurs scénarios font la part belle au marché du nucléaire dans les prochaines décennies. En effet, le potentiel de développement de nouvelles capacités nucléaires est estimé à une puissance allant de 100 à 300 GW à horizon 2040 selon les scénarios.

Par ailleurs, le nucléaire est intégré dans le mix énergétique de 10 des 12 premières puissances mondiales.

En France, la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte plafonne la capacité du parc nucléaire français à 63,2 GW. Le gouvernement indique vouloir continuer à produire 50% d’électricité nucléaire d’ici à 2035. Il faut donc prévoir dès maintenant le remplacement de certains réacteurs parmi les 58 actuellement en activité.

Par conséquent et au regard de la Programmation Pluriannuel de l’Energie (PPE), une étude sur le sujet du nouveau nucléaire est demandée par le gouvernement à EDF pour la mi-2021. La question du renouvellement du parc français reste donc encore ouverte pour les deux prochaines années.

Auteurs : 
Benjamin FAVRE-FELIX
Julien BOS, Manager

Sources :

[1] https://www.usinenouvelle.com/article/le-plan-d-edf-pour-construire-de-nouveaux-epr-en-france.N828460
[2] https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/nucleaire/epr/concevoir-et-construire-le-nucleaire-de-demain
[3] https://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/collection-ouvrages-IRSN/Documents/IRSN_Livre-Accidents-fusion-coeur_2013.pdf
[4] http://www.framatome.com/FR/businessnews-136/framatome-grands-projets--gestion-et-execution-des-projets-de-nouvelles-constructions-de-reacteurs-nucleaires.html
[5] http://www.lefigaro.fr/societes/2019/01/25/20005-20190125ARTFIG00005-le-chantier-nucleaire-d-edf-en-angleterre-progresse.php
[6] https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-derniere-ligne-droite-pour-lepr-finlandais-998755
[7] https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-centrales-nucleaires/reacteur-epr/Pages/1-presentation-historique-EPR-Flamanville.aspx#.XL8VrOgzY2w
[8] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-francais
[9] https://www.usinenouvelle.com/article/quel-avenir-pour-le-nucleaire-francais.N780954
[10] https://www.usinenouvelle.com/article/l-epr-chinois-de-taishan-vend-de-l-electricite-et-c-est-tout-le-nucleaire-francais-qui-souffle.N783459
[11] https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/nucleaire/epr/concevoir-et-construire-le-nucleaire-de-demain
[12] http://www.sfen.org/rgn/renouveau-industriel-france-compter-filiere-nucleaire
[13] http://www.sfen.org/rgn/1-10-epr-atout-transition-energetique
[14] http://i-tese.cea.fr/fr/Publications/LettreItese/Lettre_itese_33/files/02_Lettr_itese_printemps_2018_Dossie_Quels_couts_construc_nuc_demain.pdf

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