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La plupart des centrales lancées en construction depuis 2010 font partie d’une nouvelle génération de centrales, appelée « Génération III ». Quels sont les apports de cette nouvelle génération par rapport aux modèles existants ? Quel est l’état des lieux des centrales construites ou en construction ?

 

Tels que définis par les constructeurs, les réacteurs de génération III et III+ permettront des améliorations incrémentales/évolutionnaires importantes par rapport aux réacteurs actuels :

  •  une consommation plus faible en combustible[1] ;
  •  des coûts d’exploitation et de maintenance plus faibles[2] ;
  • une sécurité significativement accrue[3] ;
  • une durée de vie plus longue, portée à 60 ans pour la plupart des modèles (contre 40 pour les réacteurs actuels).

[1] Pour l’EPR par exemple, Areva mentionne une consommation d’uranium inférieure de 7 à 15 % par MWh produit comparé aux réacteurs de génération actuelle (http://www.areva.com/FR/activites-1705/reacteur-epr-et-developpement-durable-reduction-des-dechets-radioactifs.html).
[2] De même, l’EPR doit permettre une réduction de 20 % des coûts d’exploitation et de maintenance, par exemple en permettant à certaines opérations de maintenance de ne plus nécessiter d’arrêt de réacteur. Évidemment, ces économies devront être vérifiées dans la pratique après la mise en exploitation des premiers réacteurs. (http://www.areva.com/FR/activites-1707/racteur-epr-conomique-et-comptitif.html).
3] L’AP1000 affiche par exemple une probabilité théorique d’« accident majeur » avec fusion du cœur du réacteur toutes les 4,1 millions d’années-réacteur, contre typiquement 1/50 000 pour les réacteurs actuels (AP1000 Design Control Document, 19. Probabilistic Risk Assessment, http://www.nrc.gov/docs/ML1117/ML11171A411.pdf ; Réacteurs actuels : Safety and Operational Benefits of Risk-Informed Initiatives ; EPRI, février 2008).

 

 

En 2017, 46 réacteurs de ce type étaient en construction ou opérationnels dans le monde. Le centre de gravité du nucléaire s’est clairement déplacé vers l’Asie qui représente près de 4 réacteurs sur 5 en construction ou en opération dans le monde. Cela s’explique à la fois par leur besoin croissant en énergie et par leurs investissements dans le secteur du nucléaire.

 

 

 

Synthèse des réacteurs de génération III/III+ en construction dans le monde
Source : IAEA, « Advanced Large Water Cooled Reactors », septembre 2015 ; Base de données PRIS, novembre 2017, analyse BearingPoint[1][2][3]

 

[1] Ne comprend pas les projets non encore en construction, par exemple les deux réacteurs EPR à Hinkley Point, approuvés par Londres en septembre 2016.
[2] 2 réacteurs AP1000 prévus à VC Summer ont étés annulés après un coût de 9 milliards de dollars. Toshiba a de plus accepté de payer 2,2 milliards de dédommagement pour non-complétion aux électriciens concernés. (New York Times, « Nuclear power project canceled in South Carolina», 31 juillet 2017).
[3] Même si la Chine fournit des pièces pour les réacteurs chinois et même américains (Financial Times, « China set to supply components to US nuclear power plants », 30 octobre 2013), il convient surtout de noter que la Chine, par l’intermédiaire de la SNPTC, développe une version évoluée de l’AP1000 : le CAP 1400 (http://www.world-nuclear-news.org/NN-CAP1400-preliminary-safety-review-approved-0909145.html).

L’actualité récente des constructeurs a été chargée, et désormais, 4 constructeurs semblent les mieux placés pour lancer de nouveaux projets de réacteurs de génération III, notamment à l’export :

 

On constate ainsi que plusieurs constructeurs sont en passe de sortir ou sont sortis du jeu de la construction de nouveaux réacteurs. Au contraire, pour les constructeurs principaux, les prochaines années seront décisives pour assoir leurs positions sur le marché de la génération III de réacteurs. En parallèle du fort tropisme actuel vers l’Asie du Sud-Est, plusieurs marchés importants s’ouvrent ou se réouvrent au nucléaire : Royaume-Uni, Inde, Turquie, … Les constructeurs qui pourront se reposer sur de bonnes parts de marché à l’export et sur un marché intérieur fort seront les mieux placés pour maintenir et développer leurs compétences, et à terme, lancer une nouvelle fois une nouvelle génération de réacteurs, disruptive, cette fois : la génération IV.

 

Auteur :

Jean-Raphaël Barreau, Consultant

Anthony Dos Reis, Manager

 

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