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Depuis longtemps, dans le cockpit des avions, il existe, en corollaire des différents indicateurs de performance du tableau de bord (régime moteur, température moteur, vitesse, altitude, pression hydraulique, etc.), des indicateurs de panne regroupés dans un « tableau de panne ». Ces indicateurs permettent au pilote d’être alerté de tout risque potentiel ou avéré de panne avec des niveaux plus ou moins élevés de gravité et d’urgence, et d’agir de fait en conséquence.

Alors même qu’un indicateur de performance ne montre pas encore de dérive, certains de ces indicateurs de panne permettent au pilote d’être informé d’une potentielle dégradation à terme de la performance, ce qui lui donne alors la possibilité de mettre en œuvre suffisamment tôt les procédures permettant de maîtriser la panne, de maîtriser le risque.

Cependant, dans la plupart des entreprises, la navigation est souvent réalisée uniquement avec les indicateurs de performance du tableau de bord…

Par exemple, dans le cas d’une entreprise faisant le choix stratégique de travailler en flux tendu sur ses sites de production pour diminuer ses coûts de stockage, le directeur du site de production s’assurera que la performance est atteinte en suivant des indicateurs de performance de production (KPIs) tels que le volume de production, le niveau de la qualité de la production, le niveau de stock…

Mais le suivi de ces seuls indicateurs de performance garantit-il la pérennité de la performance ?

Un des risques principaux auquel le directeur du site de production sera confronté est celui du non-respect des délais de livraison par un fournisseur, risque dont la survenance entrainera de facto l’altération de la performance.

Existe-t-il la possibilité d’un tableau de panne permettant d’anticiper le risque de retard de livraison au travers du suivi d’indicateur de risque ?

Grâce aux ERP, il est aujourd’hui effectivement possible de suivre comme indicateur de risque l’évolution des ∆t entre le jour et l’heure de la passation d’une commande à un fournisseur et sa réception. Tout en restant dans les objectifs de délais fixés, la variabilité de ce ∆t (aléatoire ou continue) pourra être significative d’un processus de livraison mal maîtrisé chez le prestataire, qui peut se traduire à terme par des retards effectifs de livraison, cet indicateur devient donc un indicateur de risque (KRIs) anticipant potentiellement une baisse de la performance (diminution de la capacité de production par rupture de l’approvisionnement). Cet indicateur de risque est issu des résultats de mesure du dispositif de contrôle interne en place (mesure et suivi des ∆t).

On voit donc ainsi qu’il est possible que les indicateurs de performance de production soient satisfaisants mais ne montrent pas qu’un fournisseur présente un risque de non-livraison à court/ moyen terme.

Ce constat est uniquement identifiable par le suivi des indicateurs de risque qui dans ce cas sont donc les valeurs non satisfaisantes des indicateurs de contrôle interne.

On constate donc qu’il est possible et nécessaire d’associer la gestion des risques et le pilotage de la performance pour :

  • Vérifier le niveau de maîtrise des risques identifiés en suivant l’évolution des valeurs des résultats des dispositifs de contrôle interne en place,
  • Fournir à un manager, via des KRis, des Early Warning Signal (EWS) lui permettant d’anticiper une potentielle dégradation de la performance des processus dont il a la charge.

C’est pourquoi, selon cette même logique de pilotage Tableau de bord/Tableau de panne (de risques), les entreprises doivent, en utilisant les résultats des contrôles, mettre en place des indicateurs de risque (KRI), pour anticiper et prévenir la dérive d’indicateurs de performance (KPI) et ainsi s’adapter au plus vite aux modifications de l’environnement.

Toutefois, force est de constater que si les entreprises allouent beaucoup de capital financier et humain à la gestion des risques et au contrôle des opérations, elles ne lient pas cet investissement à la performance de l’entreprise, et ne sauront donc jamais si le ROI est acceptable.

L’articulation entre et les indicateurs de performance (KPI) et les indicateurs de risque (KRI), comme précisé dans le schéma ci-dessous, est donc indispensable pour permettre d’assurer un meilleur contrôle de la performance de l’entreprise et fournir ainsi une plus grande garantie dans l’atteinte des objectifs et le respect de la stratégie de l’entreprise.

Contact : Damien Palacci