La récente crise du COVID-19 a fragilisé les entreprises commerciales et industrielles de plusieurs manières. Au niveau des stocks, c’est-à-dire du besoin en fonds de roulement BFR, on observe soit une baisse drastique pour répondre à la demande alors que les capacités étaient à l’arrêt, soit un gonflement irrémédiable car les demandes baissent alors que les capacités étaient en place.
L’enjeu est de rééquilibrer les stocks et donc le besoin en fonds de roulement sans pour autant mettre en jeu la qualité du service au client.

Si le stock a baissé, il faut le reconstituer au juste niveau et en profiter pour effectuer un rééquilibrage entre les références. La difficulté est d’exploiter la demande historique, souvent à des niveaux exceptionnels et spéculatifs, qui ne se reproduiront pas.
Si le stock a gonflé, il faut le réduire sans mettre à mal le taux de service. Il faut savoir sur quelles références et jusqu’à quel niveau. Si la demande a été nulle pendant la crise, il faut faire des hypothèses de substitution.
Le problème étant la pluralité des composantes du stock régies par des modèles différents :

  • les composants, emballages et matières premières liés aux contrats d’achat et aux habitudes spéculatives
  • les encours de production liés au temps de traversée, à l’organisation industrielle et aux tailles de lot des semi-finis
  • les produits finis liés à la mauvaise prévision des clients, à la variabilité de la demande et aux tailles de lot d’assemblage
  • les pièces de rechange liées à l’occurrence des pannes et à la sévérité de celles-ci.


L'écart entre stock actuel et stock normatif indique, s’il est positif un enjeu de réduction, s’il est négatif un risque potentiel sur la référence. Deux principaux écueils peuvent se présenter : la baisse homogène sur toutes les références égale à l’objectif annoncé, et pire encore l’application de la méthode Pareto sur les valeurs de stock et la réduction systématique des plus grandes … qui sont peut-être nécessaires. Le résultat est le même : mettre en risque le service client. 

Quels sont les apports du Stock Normatif ?

Appliquer le Stock Normatif vous permettra de :

  • valider ou invalider l’accessibilité de l’objectif global de réduction des stocks
  • connaître sur quels produits, à quels endroits baisser la couverture de stock sans prendre de risques pour le taux de service
  • optimiser les paramètres du modèle pour aller plus loin et permettre l’amélioration continue

C’est également une méthode qui objective les compromis entre fonctions connexes : Supply Chain, Achats/Approvisionnement, Commerce, Production, Distribution et donc aide à prendre plus rapidement de meilleures décisions pour votre business.

Comment rééquilibrer les niveaux de stock ?

La méthodologie développée par nos experts comporte quatre étapes séquentielles :

  1. Données transactionnelles : extraire des systèmes 1 an de consommation pour toutes les références à la semaine (recommandée) ou autre
  2. Données de paramétrage : extraire des systèmes toute donnée de paramétrage logistique (taille de lot, fiabilité des prévisions, temps de cycle, délais de livraison, rejet qualité etc.)
  3. Modélisation du stock normatif : appliquer les formules adéquates retenues par typologie de stock pour calculer le stock raisonnable, c’est-à-dire nécessaire et suffisant. Les mécanismes de stock sont de trois natures avec leurs propres règles :
  • les stocks stratégiques, liés à des éléments contractuels ou réglementaires
  • les stocks de sécurité, régis par des lois statistiques en fonction d’un coefficient de disponibilité et d’une distribution des écarts constatés
  • les stocks de fonctionnement, qui modélisent le fonctionnement par lot

4. Comparaison au stock réel : calculer la différence entre stock réel et stock normatif à la référence, établir un Pareto des écarts, analyser les principaux et décider d’actions correctives.

La difficulté principale réside dans la maîtrise des deux premières étapes, néanmoins la méthodologie a permis à plusieurs entreprises de réaliser des progrès significatifs en termes de pilotage et rééquilibrage des stocks, citons par exemple :
• Un équipementier automobile italien avec plusieurs usines en Europe a créé la fonction de pilote du stock normatif après un test sur une usine et un centre de distribution qui avait montré un enjeu de 20%.
• Un producteur-distributeur de produits gastronomiques a détecté grâce au stock normatif un enjeu de 70% sur les matières premières à cause de pratiques d’achat non corrélées à la réalité.

 

La crise actuelle est l’occasion de capitaliser sur des méthodologies qui ont fait leurs preuves et qui permettent d’avoir le bon niveau de stock au bon moment au bon endroit.

Ewoug Huig, Associé
Vincent Houllière, Senior Manager
Christophe Deslandes, Business development director

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