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« Faut-il choisir entre prévenir et guérir ? »

En ce début d’année 2018 marqué par des perturbations climatiques importantes (crues de la Seine et de la Marne, chutes de neige massives, …), plusieurs entreprises ont subi des interruptions d’activités importantes, souvent gérées dans l’urgence. Peut-on tout miser sur l’anticipation des risques lorsque l’on sait qu’une entreprise sur 5 fait face à une interruption majeure d’activité tous les ans et qu’une sur 10 cessera d’exister suite à cette crise [1] ?

Si aujourd’hui la gestion des risques est, à raison, au cœur des problématiques industrielles, son pendant, la continuité d’activité reste encore sous-estimée et méconnue. Pourtant l’une et l’autre sont essentielles.

La gestion des risques est l’activité permettant d’anticiper au mieux ces risques pour les éviter mais tout industriel sait que « le risque zéro n’existe pas ». C’est lorsque l’hypothèse d’un risque devient une réalité que le Plan de Continuité d’Activité entre en scène.

Pourquoi la continuité d’activité est-elle nécessaire ?

D’après une étude menée en 2013 par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale, les entreprises ayant développé un plan de continuité d’activité se sont montrées significativement plus résilientes aux grandes crises survenues ces dernières années (catastrophes naturelles, mouvements sociaux, crises sanitaires, …).

En effet, la présence d’un plan de continuité d’activité, préparé à « tête reposée » permet, lorsqu’une crise majeure survient, de ne pas se laisser submerger par l’émotion et le stress et de prendre les actions adéquates en s’appuyant sur :

  • Une équipe de crise prédéfinie
  • Un arbre de décision permettant d’identifier le plan d’action à mettre en place et les instances d’arbitrages nécessaires.
  • Un catalogue de plans d’actions pragmatique pour couvrir les risques les plus probables via des scénarios de continuité adaptés
  • Une liste d’annexes structurée permettant d’avoir à portée de main les informations clés (liste de contacts internes et externes, liste de produits et matières premières stratégiques, plan du site, …)

Le plan de continuité d’activité ne doit cependant pas devenir une procédure de plus dans un tiroir. Il doit être mis à jour, annuellement, en prenant en compte les évolutions internes (changement de processus, production d’un nouveau produit, …) et externes (normes réglementaires, environnement géographique proche, …). Nous recommandons une approche pragmatique s’appuyant sur une qualification des risques et des scénarios standards pour faciliter son déploiement et sa mise à jour. Cela permet de limiter l’effort du maintien et gestion du PCA à quelques jours par an : un effort tout à fait raisonnable qui s’avère bien utile en cas de crise.

Pour pérenniser son activité sur le long terme, chaque entreprise doit donc, en plus de son plan de gestion des risques, se pencher sur le développement d’un plan de continuité d’activité avant de se trouver confronter, sans préparation, à une situation de crise pouvant mettre en péril son activité.

[1] Business Continuity Institute

Auteurs :
Vincent Bismuth, Consultant
Fathi Trigui, Directeur Associé
Ewoud Huig, Associé

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