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Les ministres française et allemande des armées au Mali

EDITO – La fin de la solidarité ministérielle pour le surcoût des OPEX

Les Armées devront trouver de quoi financer les OPEX, désormais à leur seule charge, alors que le montant était jusqu’alors assumé par plusieurs ministères.

Le budget actuel du ministère des Armées s’élève à 34,2 milliards d’euros en 2018, prévoit une enveloppe de 650 millions d’euros pour les OPEX et 100 millions pour les MISSINT. Pourtant, selon les estimations du chef d’état-major des Armées en juillet dernier, la charge actuelle des OPEX s’élève à 1,364 millions d’euros et devait faire l’objet d’une constitution d’un collectif budgétaire pour être acquittée via un financement interministériel, conformément à l’article 4 de la LPM 2014-2019. Aujourd’hui, cette différence revient donc à la charge du seul ministère des Armées.

Pour assumer ce surcoût lié à l’écart entre le coût réel des OPEX et la provision annuelle associée, le ministère des Armées prévoit l’annulation de programmes d’équipement des forces et le gel de la réserve de précaution du ministère (3% du budget total, soit 650 millions d’euros). Le risque est donc de réduire la capacité d’agir de la Direction Générale de l’Armement au regard de ses futurs engagements avec la menace d’un report de charge du budget des armées en 2019. L’Hôtel de Brienne assure pourtant « qu’il n’y aura pas de conséquences sur les commandes et les livraisons de matériels au profit des armées ». Militaires et industriels sont toutefois loin d’être rassurés.

Les ministres française et allemande des armées se sont retrouvées à Bamako lundi dernier pour traiter de la mise en œuvre du traité de paix au Mali et des modalités de déploiement de la force conjointe anti-jihadiste du G5 Sahel. Arrivée pour la prise de commandement par l’Allemagne de la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM), la ministre allemande a été rejointe par son homologue française dans un contexte où 4 500 militaires de la force française Barkhane opèrent déjà dans la région. Lancée en 2013, au lendemain des opérations françaises pour chasser les jihadistes qui contrôlaient le nord du Mali, l’EUTM réunit 25 pays européens et a pour objectif une montée en compétence de l’armée malienne sur l’ensemble du territoire national.

CLIENT NEWS

Création d'une indemnité de haute responsabilité pour les généraux

A compter du 1er janvier 2019, une partie des généraux français va officiellement toucher une « indemnité spécifique de haute responsabilité ». Une soixantaine environ d’officiers généraux sont concernés par la mesure qui prend deux formes : une part versée mensuellement et relative à la fonction exercée et à son niveau de responsabilité, et une part variable versée annuellement, qui récompense des résultats obtenus sur l’année spécifique.

Cette mesure, dont le modèle suit celui des entreprises privées, s’inscrit à la fois dans la lignée de la réforme de l’Etat qui souhaite « la mise en place d’un nouveau régime de responsabilité et d’intéressement des gestionnaires », et dans une volonté du président de la République de voir les armées continuer de se réformer, pour afficher des résultats concrets dans le cadre de la remontée des crédits prévue dans la loi de programmation pour 2019-2025.

JUSTICE

Limitation des recours pour les assignés à résidence

Deux amendements au projet de réforme de la justice, présentés par Nicole Belloubet comme une clarification technique des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), ont été voté vendredi 9 novembre, sans être débattus. Les MICAS font partie des mesures de police administrative de l’après état d’urgence, anciennes mesures exceptionnelles rentrées dans le droit commun en octobre 2017. Elles consistent en des assignations à rester dans le périmètre d’une commune définie et à pointer une fois par jour au commissariat. Les textes votés limitent à une seule fois la possibilité, pour la personne assignée de contester la décision, y compris en cas de renouvellement de celle-ci. Ils menacent également le débat contradictoire, en cela qu’ils officialisent la possibilité pour les tribunaux administratifs et le Conseil d’Etat d’examiner les recours en l’absence des requérants, et donc, pour les avocats qui ne font pas partie de la caste des avocats du Conseil d’Etat et qui ne sont pas autorisés à plaider sans leur client, sans représentation de la défense.

interieur

Meurtres, statistiques et mensonges

Depuis 2015, le nombre des homicides est en hausse. Les années 2015 et 2016 à cause des attentats, mais 2017 ne retrouve pas la tendance de baisse qui avait lieu au cours des deux dernières décennies. Cette tendance de baisse est biaisée comme le montre un ancien statisticien du ministère. Si on se limite au calcul des homicides en France Métropolitaine on constate une tendance à la hausse depuis plus de cinq ans. Si ce chiffre ne fait pas la une, c'est parce que la société a changé et que le problème numéro 1 est la lutte contre le terrorisme et non la sécurité du quotidien. Ce phénomène est aussi présent dans de nombreux pays comparables à la France, où l'on constate une inversion de la courbe des meurtres et le plus souvent elle est due aux homicides sans motifs précisés.

L’image de la semaine

AGENDA

Exposition "Ouvrières à la Manu" en partenariat avec le SHD

Le président de la République, Emmanuel Macron, a passé une nuit à bord du porte-avions Charles de Gaulle, une première pour un président de la République. Il s’est fait présenter les capacités opérationnelles du PA et de son groupe aéronaval, et a tenu à rencontrer les marins qui y exercent des métiers très divers.

En partenariat avec le Service Historique de la Défense (SHD), le musée de Châtellerault consacre une exposition aux ouvrières de la manufacture d’armes de Châtellerault, qui avaient été embauchées dès 1915 pour remplacer les hommes partis au front.

Les documents conservés par le Centre des archives de l’Armement et du personnel civil permettent de découvrir qui étaient ces femmes, quelles étaient leurs conditions de travail, leur rôle dans l’effort de guerre mais aussi les réticences voire les préjugés auxquels elles ont dû faire face.