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L’armée française croit en l’avenir des opérations aéroportées

EDITO - Paris et Berlin musclent leur coopération en matière de défense

Le 22 janvier, un nouveau traité de coopération et d'intégration franco-allemand sera signé à Aix-la-Chapelle. S'appuyant sur le Traité de l'Elysée de 1963, ce nouveau traité vise à renforcer les liens entre l'Allemagne et la France.

Les deux Etats souhaitent notamment approfondir leur coopération en matière de politique étrangère, de défense, de sécurité extérieure et intérieure et de développement "tout en s’efforçant de renforcer la capacité d’action autonome de l’Europe » (article 3 du nouveau Traité).

Dans le domaine de la défense et de la sécurité, les deux Etats veulent faire « converger de plus en plus leurs objectifs et politiques de sécurité et de défense ». Dans ce contexte, « ils se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires ». Les deux États s’engagent également à renforcer encore la coopération entre leurs forces armées en vue d’instaurer une culture commune et d’opérer des déploiements conjoints, ce qui ne sera pas simple puisque le Parlement allemand est souverain en la matière.

Les deux pays s’engagent notamment dans ce nouveau traité à renforcer la capacité d’action de l’Europe et à investir conjointement pour combler ses lacunes capacitaires, renforçant ainsi l’Union européenne et l’Alliance nord-atlantique. Pour remédier aux lacunes capacitaires, l’Allemagne et la France vont intensifier les programmes de défense en commun et leur élargissement à des partenaires. En outre, ils vont élaborer une approche commune en matière d’exportation d’armements pour les programmes ayant des matériels franco-allemands. Enfin, Berlin et Paris vont créer le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité comme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Il se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

Enfin, les deux États s’engagent à poursuivre leurs efforts pour mener à terme des négociations intergouvernementales concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, avec à la clé l’admission de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La France est actuellement le seul pays d’Europe qui réalise encore des opérations aéroportées. A l’occasion de ses vœux aux armées, le président Macron s’est rendu au 1er Régiment du train parachutiste à Cugnaux et a réaffirmé son soutien à ce type d’opérations. Rendues de plus en plus difficiles avec l’évolution des technologies de détection, ces opérations restent toutefois exceptionnelles, comme en septembre dernier, quand la 11e BP a lancé un raid avec un A400M, larguant ainsi 40 commandos en une nuit, puis 120 soldats équipés d’un nouveau parachute et de 150kg de matériel chacun. L’armée de terre défend la pertinence de cette force pour s’engager dans une crise à 5 000 km de Paris, réaliser des évacuations de ressortissants, mener des assauts ciblés ou participer à une opération majeure de l’OTAN. Mais l’avenir dépend du succès du renouvellement des avions de l’armée de l’air. La France ne dispose pas d’hélicoptères lourds comme les Chinook anglais, et elle n’a pas à ce jour assez d’avions de transport pour couvrir tous les besoins. Les paras doivent s’entendre avec les aviateurs pour compter sur le nouvel A400M : il emporte plus de charge, plus loin, et pourra dans quelques années faire du suivi de terrain à basse altitude comme un avion de chasse. Les C-130J acquis avec l’Allemagne sont eux aussi très attendus. Il faudra toutefois de plus en plus compter sur l’armée de l’air pour « nettoyer » le ciel.

CLIENT NEWS

La France commande la nouvelle version du Rafale

Madame la ministre des Armées, Florence Parly, a signé cette semaine avec le PDG de Dassault Aviation le contrat de développement du nouveau standard (F4) de l'avion de combat des forces françaises. Pour une valeur avoisinant les 2 milliards d'euros, le contrat prévoit notamment le développement de solutions de connectivité pour le combat en réseau, d’un nouveau système d’armement (missiles air-air MICA NG) et de capacités de maintenance prédictive. Pour ces travaux, prévus dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025, Dassault Aviation s’est engagé à livrer le Rafale F4 en deux étapes, en 2022 et 2024.

Madame la ministre a par ailleurs confirmé la livraison de 28 Rafale pour 2024 et la commande en 2023 de 30 Rafale supplémentaires. Le Rafale continuera à bénéficier d'évolutions permanentes et restera en service jusqu'en 2050. Pour le remplacer, et remplacer également dans les armées européennes l’Eurofighter, la France et l’Allemagne ont décidé en 2017 de coopérer pour le développement à horizon 2040 d’un système de combat aérien du futur (SCAF). Concrétisé depuis par un partenariat entre Airbus et Dassault, ce projet pourrait faire voler un premier démonstrateur technologique en 2025.

JUSTICE

Vœux de Nicole Belloubet aux personnels du ministère de la Justice

Le 14 janvier, la garde des sceaux a présenté ses vœux aux personnels du ministère sur le site « Olympe de Gouge », dans le 19eme arrondissement de Paris, qui regroupe depuis 2016 l’essentiel des services de la Justice.

La ministre a notamment insisté sur l’importance des ressources humaines, en appelant à un « management bienveillant, accompagnant les agents et sachant reconnaître leurs mérite » et a indiqué qu’elle souhaitait, en 2019, renforcer les actions en faveur de l’égalité femmes-hommes et la politique autour du handicap.

INTERIEUR

Les radars dans le viseur

La semaine dernière, le ministre de l'intérieur a révélé que près de 60% des radars routiers ont été dégradés en France. Ces dégradations sont expliquées par l'entrée en vigueur le 1er juillet 2018 de l'abaissement de la vitesse sur les routes nationales, puis par le mouvement des gilets jaunes. La dégradation a eu lieu massivement dans les zones rurales, seuls les départements des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis ont été épargnés. La dégradation des radars n'empêchent pas ces derniers d'enregistrer la vitesse et bien souvent de réaffirmer la corrélation de la hausse des excès de vitesse en cas de dégradation des radars, ce qui incite les citoyens les plus virulents à les détruire plutôt qu'à les dégrader. La réparation d'un radar coûte 500€ pour des réparations légères et entre 30 000 à 200 000€ pour son remplacement. Quant aux destructeurs, ils risquent de 3 750€ à 75 000€ d'amende et des travaux d'intérêt général à 5 années d'emprisonnement selon la gravité des faits.

L’image de la semaine

AGENDA

Exposition « L’Armistice, 11 novembre 1918. Un document, une histoire. »

Le Président de la République a présenté ses vœux aux armées devant 1 600 civils et militaires réunis sur une base de l'armée de terre de Francazal, à Toulouse. Comme le veut la tradition, il a profité de cet exercice pour dresser un bilan des opérations militaires en cours sur tous les théâtres comme sur le territoire national et pour évoquer les chantiers à venir.

Cette exposition présente au public la convention originale d’armistice conservée au Service Historique de la Défense depuis 1921. Centrée sur ce document exceptionnel officiel, l’exposition privilégie un discours articulé autour de l’action des acteurs militaires et politiques qui ont préparé et signé l’armistice de 1918. L’exposition aborde également la réception de l’armistice par les Poilus et la question des sociétés en guerre. L’exposition se tient jusqu’au 22 janvier 2019 au Château de Vincennes.

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