SPOTLIGHT

Le cyber militaire sort enfin de l’ombre

EDITO - Le retrait de l’armée française du théâtre irako-syrien s’annonce plus compliqué que prévu

L’engagement militaire français dans la coalition américaine intervenant en Syrie approche de son épilogue, et ces deux questions sont en pleine discussion entre les états-majors de Paris et de Washington.

La fin 2018 et le début 2019 ont été marqués à la fois par les déclarations de Donald Trump sur un retrait immédiat des Etats-Unis et par un effort militaire accéléré de la coalition conduite par le Pentagone en Syrie.

Les Occidentaux soutiennent les forces démocratiques syriennes (FDS) et kurdes dans l’offensive qui détruit les toutes dernières poches de l’organisation Etat islamique (EI) dans la vallée de l’Euphrate.

L’annonce en décembre du retrait des troupes américaines a bouleversé les plans. Trois points sont à clarifier du point de vue français. Les conditions du départ doivent d’abord permettre aux forces kurdes de « finir le travail » face à l’EI et de les rassurer face à l’armée turque qui menace de franchir la frontière syrienne pour les attaquer. Les militaires, français comme américains, voudraient aussi s’assurer qu’une force antiterroriste reste dans le nord-est de la Syrie pour combattre les résurgences de l’EI, ce qui est vu par tous comme un travail de longue haleine. Enfin, le président Emmanuel Macron voudrait éviter que le retrait militaire donne totalement la victoire aux Russes dans cette guerre.

La question se pose d’une no-fly zone américaine dans le Nord-Est syrien. L’état-major français attend des réponses quant à la volonté de Washington de conserver la maîtrise du ciel dans cette région, tout en gardant des accords de « déconfliction » avec les Russes pour éviter les incidents dans les airs.

Si le Pentagone le décide, l’armée française pourrait continuer depuis sa base jordanienne à participer à une telle opération. Une seule chose est sûre : il est « hors de question », vu de Paris, que la France reste seule, sur le plan militaire, sur le terrain syrien.

Cette semaine s’est tenu, à Lille, le Forum international de la cybersécurité, auquel était a participé Florence Parly. A cette occasion, et conformément à la LPM 2019-2025, une posture permanente de cyberdéfense (PPC) a été créée, chargée de garantir la surveillance constante des réseaux militaires. Elle sera assurée par le commandement de la cyberdéfense, en lien avec l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques. En parallèle, le besoin en effectifs est considérable, le secteur cyber devant compter près de mille combattants supplémentaires d’ici 2025. La lutte informatique s'intégrant dans les opérations françaises, le cyber est logiquement considéré comme un nouveau champ de confrontations. Les forces armées françaises travaillent ainsi sur l'ensemble du spectre : défensif, offensif et contre les manipulations de l'information. La lutte informatique offensive (LIO) a dès lors pour objectifs : l’évaluation des capacité adverses par le recueil ou l'extraction d'informations, la réduction voire la neutralisation de capacités adverses et enfin la modification des perceptions ou de la capacité d'analyse de l'adversaire. C'est le triptyque renseignement, neutralisation, déception. La LIO peut aussi venir en appui de la lutte informatique défensive en faisant cesser une agression cyber.

CLIENT NEWS

Florence Parly au Forum international de la cybersécurité

Dans la foulée de la présentation de la stratégie cyber des armées françaises, Madame la ministre des Armées s’est rendue au Forum international de la cybersécurité (FIC) afin de rassurer les PME et sous-traitants du Ministère. En effet, avec le développement de la protection cyber des armées, les sous-traitants deviennent les proies privilégiées des cyberattaques, qui espèrent infiltrer et infecter par leur biais les systèmes militaires. COMCYBER et la DGA piloteront donc la protection complète de la chaîne de défense, incluant les sous-traitants. Par ailleurs, Florence Parly a annoncé le recrutement de « hackers éthiques » au sein de la réserve opérationnelle, en partenariat avec la start-up YesWeHack. Ces réservistes hackers se lanceront dans la recherche de failles dans les systèmes des armées à partir du lancement fin février d’un programme de découverte et de correction des vulnérabilités. 

JUSTICE

La dématérialisation entraine des inégalités de service public

Le Défenseur des droits alerte sur les dangers de la dématérialisation. La simplification ne l'est pas pour tout le monde et entraine même un recul d'accès au droit voire d'exclusion pour certains usagers. 36% du panel interrogé par le CREDOC éprouvent une inquiétude à réaliser une démarche administrative en ligne. Les populations qui ont tendance à être victimes de la dématérialisation sont souvent les plus fragiles. C'est pourquoi le Défenseur des droits formule ses recommandations comme la multimodalité d'accès aux services publics, des accompagnements rapprochés, des clauses de protection des usagers et une meilleure information en formant mieux les agents de terrain.

INTERIEUR

L’auberge espagnole à la Gendarmerie

Pour la première fois, des élèves de la "Guardia civil" vont être envoyés en formation à l'étranger et ce sera dans l'école de la Gendarmerie nationale de Dijon. Le commandant de l'école leur a présenté l'école, son activité, son emprise et les formations dispensées. Plus qu'une formation, il s'agit d'une aventure humaine, où l'échange sera primordial. Quant au détachement de la garde civil, il s'agit de 16 cadres et 120 élèves qui ont été sélectionnés parmi 500 candidats. Le commandant du détachement espagnol y voit une fantastique opportunité de partage de connaissances, techniques, procédures de travail et organisation.

Ce partenariat franco-espagnol existe depuis 2013, avec un objectif de rapprochement dans la formation. Ainsi, une compagnie de l'école de Tulle avait déjà intégrée l'école espagnole de Valdemoro l'an passé pour 6 mois.

L’image de la semaine

AGENDA

Conférence-débat : Guerre à distance(s), gagner au contact

L’armée de Terre a lancé une nouvelle campagne de communication dans des journaux locaux afin de mettre en lumière la diversité des métiers qu’elle recrute.

Une conférence-débat est organisée le jeudi 31 janvier de 14h à 19h autour de M. Jean-Jacques Bridey, président de la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale et du général d'armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, sur le thème de la guerre à distance, au Centre de doctrine et d’enseignement du commandement de l’Armée de terre à l’Ecole militaire.

Rechercher
Toggle location