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Google a défini un système de contrôle très sophistiqué qui lui permet de présider aux destinées des services, du software et du hardware présents sur les terminaux Android. Google joue sur deux tableaux : l'Open Source, afin de créer un intérêt pour sa plateforme et un mode commercial très strict afin de contrôler la plateforme Android.

Il reste qu'au sein de cette plateforme, il n'y a qu'une seule force dominante: Samsung.

En effet, le constructeur a pu utiliser la plateforme mobile de Google afin de devenir le leader mondial des ventes de smartphones. Ainsi le géant coréen a pu mettre en œuvre une intégration verticale tout d'abord savamment accompagnée de marketing et d'une supply chain sans faille afin d'inonder le marché de smartphones, tout en se différentiant de ses concurrents.

En effet, Samsung suit la recette… d'Apple: en liant fortement software et services au hardware, balayant ses rivaux qui n'ont fait que repeindre Android aves des surcouches logicielles plus ou moins heureuses. Ainsi lors du lancement du S4, Samsung n'a jamais fait mention d'Android, ou de Google, préférant parler de son hub de contenus et de services. Ce dernier est d'ailleurs un rival annoncé de l'app store Google Play, permettant à ses utilisateurs de télécharger des applications et du contenu adaptés aux terminaux Galaxy.

Dans la foulée, le géant coréen a lancé sa conférence développeurs fortement inspirée de Google I/O afin de élargir sa base de développeurs dédiés, positionnant Samsung sur un pied d'égalité avec le géant de Mountain VIew, d'Apple avec sa conférence WWDC, ou de Microsoft avec Build: la création et l'animation d'un écosystème de type plateforme.

Samsung détourne ainsi la plateforme de Google afin de servir ses propres ambitions, signant des partenariats avec des éditeurs tels qu'Electronic Arts par exemple.

L'écosystème mobile de Google possède des faiblesses qui permettent à des Samsung ou des Amazon de s'engouffrer afin de proposer des solutions afin d'y remédier: Google Play est une nébuleuse d'applications, certaines étant même des virus, ou autres malwares, ou simplement inutiles voire inutilisables. Trouver la bonne application, pertinente sure, relève de la loterie, Google n'ayant pas pris la (Mesure?) le chemin d'une ligne éditoriale afin de séparer le bon grain de l'ivraie.

Ceci est en train de devenir un défi pour Google, l'écosystème étant trop foisonnant et donc difficile à monétiser: ainsi selon le cabinet d'étude Flurry les développeurs Android ne gagnent que 23 cents par rapport à chaque dollar engrangé via la plateforme d'Apple.

A ceci s'ajoute le problème d'une fragmentation des versions d'Android, causant des maux de tête aux éditeurs d'applications comme aux utilisateurs. Les initiatives d'Amazon et de Samsung menacent Google qui pourrait se retrouver relégué au deuxième plan dans son propre écosystème. Une telle issue ne serait pas si dramatique pour Google, Google Play restant par nature le distributeur par défaut des applications Android pour la grande majorité des terminaux vendus dans le monde, Google lâcherait les rênes de sa plateforme et serait désintermédié d'une partie du business publicitaire.

En conséquence Google pourrait remédier à cette fragmentation en s'essayant à une stratégie… similaire à Apple: en investissant dans sa marque Nexus par exemple afin de proposer une expérience utilisateur plus homogène, basée sur une combinaison cohérente , OS (Avec une politique de mise à jour claire), un app store unique et des services Google exclusifs. C'est la voie qu'a choisie Microsoft auprès de ses fabricants en leur donnant un cadre (Voire un cahier des charges) strict de commercialisation produit.

En choisissant cette voie Google pourrait disposer d'un écosystème "haut de gamme" car basé sur un contenu, un matériel et des services qu'il maitriserait de bout en bout.

Le rachat de Motorola pourrait en être une illustration, avec même si à date les intentions (Et les déclarations destinant à rassurer les autres partenaires) de Google sont obscures.

Il reste que pour ce faire Google doit abandonner son credo de la quantité (Les fondateurs de Google ayant pour objectif initial d'indexer "Tout l'internet") pour se focaliser sur la qualité (Avec une sélection -Curating- en Anglais- découlant d'une véritable ligne éditoriale.). Au vu de l'historique de la société (Et malgré la reprise en main musclée par les fondateurs du moteur de recherche), rien n'est moins sûr.

A bien des égards, pour Google en ce qui concerne Android, l'ennemi est bien intérieur…

Tariq Ashraf, Senior Manager