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"Pour la 3G, explique Tariq Ashraf, consultant télécoms chez BearingPoint, la France avait découpé les lots et les blocs de fréquences pour pousser les enchères le plus haut possible. Pour la 4G en revanche, l'Etat avait privillégié la plus large couverture possible, des fréquences abordables, avec des redevances à payer au fil de l'eau, mais avec des obligations de couverture larges. Tout le monde préfererait aujourd'hui ce scénario-là"

"En Italie, explique Tariq Ashraf, les choses étaient simples : c'est celui qui payait le plus cher qui emportait la mise. En Allemagne, c'était pire encore : un quatrième opérateur est venu jouer l'aiguillon dans des enchères où le numéro deux du marché, Vodafone, a voulu concurrencer Deutsche Telekom, l'opérateur historique. Au final, tous ont payé très cher, avec en plus des obligations draconiennes. Ils devront ainsi sous qutra à cinq ans couvrir 98% du pays en très haut débit mobile. Cela leur coutera une fortune."

"La vérité, sourit Tariq Ashraf, c'est que les opérateurs ne savent pas encore comment ils vont vendre la 5G. Quand on est passé de la 3G à la 4G, il y avait un véritable effet "WOW". Or la différence entre la 4G et la 5G sera beaucoup moins visible sur l'écran de son smartphone puisque l'essentiel de ce que l'on y fera fonctionne déjà en 4G. Bref, difficile de le vendre plus cher."

"S'interdire Huawei, c'est un handicap au moment de négocier le prix de ses équipements réseau. Même ceux qui n'achètent rien à Huawei s'en servent comme levier de négociation".

"Si c'est une question de sécurité nationale, alors ce n'est pas juste pour l'avenir. Il faudra alors aller sortir des réseaux fixes et mobiles tous les équipements existants", prévient Tariq Asharaf.