Le nucléaire est la seule énergie dite « zéro-carbone » permettant de produire de l’électricité en masse et sans intermittence. Raison pour laquelle, le nucléaire produit aujourd’hui environ 70% de l’électricité en France. Cependant, le parc nucléaire français vieillit, ce qui va mener la France dans une ère de déconstruction importante dans les années à venir. Quelles sont les perspectives de déconstruction en France ? Pourquoi s’agit-il d’une filière stratégique pour la France ? En quoi Chooz A est-elle une étape clé pour la filière française ? Quels sont les enjeux de la déconstruction ? Notre dossier thématique sur la déconstruction nucléaire répondra à ces questions.

Comme mentionné dans nos deux articles précédents, « Déconstruction nucléaire – Quelles sont les perspectives en France ? » et « Déconstruction nucléaire – En quoi ce programme d’envergure est stratégique pour la France ? », la France va rentrer dans une phase de déconstruction massive de REP. Le premier REP qu’EDF a démantelé fut celui de Chooz A. Pourquoi la déconstruction de cette installation est une étape clé pour la déconstruction en France ?

Retour sur l’histoire de l’installation nucléaire de Chooz A :

Située dans les Ardennes, à l’abris des regards sous une colline, l’installation nucléaire de Chooz A fut mise en service en 1967 et constituait le premier réacteur à eau pressurisée de France, d’une puissance de 305 MWe. Après 24 ans de loyaux service, le réacteur de Chooz A fut arrêté en 1991, car devenu obsolète et peu rentable pour EDF.

Bien qu’une stratégie de démantèlement différé ait été initialement prévue, EDF opte finalement pour un démantèlement immédiat en 2001, ce qui repousse le dépôt du dossier réglementaire à 2004.

Une multitude d’acteurs œuvre pour ce chantier :

Tout au long de ces années de déconstruction, une multitude d’acteurs se sont relayés pour mener à bien chacune des étapes, des études à la préparation du démantèlement (ex : installation d’entreposage des gros composants, nouveau système de ventilation), jusqu’au travaux de démantèlement. Onet Technologies s’est ainsi chargé du démantèlement du circuit primaire tandis que Westinghouse-Nuvia est actuellement en charge du démantèlement de la cuve. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), quant à elle, gère les 10 300 tonnes de déchets radioactifs issues du chantier. Aujourd’hui, la majorité de l’installation est déconstruite et moins de 80 personnes travaillent encore sur le chantier.

Un premier chantier de déconstruction de REP réussi :

Malgré un démantèlement de la cuve qui s’étendra jusqu’en 2021 contrairement au planning initial, le chantier de Chooz A devrait tenir ses promesses d’une finalisation en 2022, ce qui porterait le démantèlement à une durée de 15 ans (de 2007 à 2022).

Un retour d’expérience précieux pour EDF :

Bien que de faible puissance, Chooz A est le premier REP à être déconstruit. Les données issues du chantier de Chooz A constituent donc une mine d’informations pour EDF sur le planning, les succès et les freins à chaque étape du démantèlement, … EDF pourra ainsi capitaliser sur son expérience et accroître ses connaissances afin de mieux prévoir les chantiers de déconstruction à venir. Par ailleurs, Chooz A permet aux parties prenantes de développer leur savoir-faire ; ce sont les mêmes agents de Chooz A qui démantèleront également Fessenheim.

Chooz A constitue un premier REX de déconstruction d’un REP pour la filière française, qui sera d’autant plus utile que les exploitants vont être confrontés à de nombreux enjeux. Quels sont-ils ? La réponse dans le prochain article de ce dossier.

Auteurs :
Marie-Anne Massardier, Consultante
Julien Bos, Manager
Emmanuel Autier, Partner

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