Les gestionnaires d’infrastructure ferroviaire sont sous le feu des projecteurs dans un contexte de mise en concurrence des opérateurs de transport : ils doivent en effet assurer une qualité de service équivalente pour l’ensemble des entreprises ferroviaires circulant sur le réseau. Cette pression s’ajoute à des enjeux multiples qui se posent tout au long de la chaîne de valeur : obsolescence des infrastructures, grands projets, nouvelles technologies, besoins en ressources humaines…

Face à ces challenges, la digitalisation de la gestion des infrastructures ferroviaires peut apporter des solutions concrètes. L’étude menée par BearingPoint dans 12 pays, qui a recueilli les réponses de 58 participants, a cherché à évaluer la maturité du secteur pour les adopter. En interrogeant des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de valeur des infrastructures ferroviaires (gestionnaires d’infrastructure, constructeurs, chargés de maintenance…), nous avons voulu identifier :

  • L’influence des innovations technologiques sur les parties prenantes dans la planification et la construction des processus de maintenance aujourd’hui
  • Les accélérateurs les plus prometteurs pour rénover l’infrastructure
  • Les contraintes à la digitalisation de l’infrastructure

Notre constat :  la faible digitalisation de la planification et de la construction, et une utilisation imparfaite des technologies pour la maintenance ferroviaire
 

Les activités de planification et de construction impliquent la coordination d’acteurs multiples pour réaliser des tâches d’une haute technicité. Or, pour 89 % de nos répondants, ce travail est souvent inefficace ou redondant. Les outils digitaux semblent peu utilisés pour améliorer la situation : seuls 26 % des managers d’infrastructure ferroviaire s’accordent à dire que les dernières méthodes et technologies sont intégrées aux processus de planification.

Pour les professionnels de la maintenance ferroviaire, l’usage des technologies à des fins de surveillance de l’infrastructure (gestion des rails à distance, recherche des causes racines des incidents, visualisation des données, détection préventive) est déjà répandu, mais n’est pas encore au stade de la maturité. Ainsi, les fonctions d’alerte et de prévision sont largement perfectibles, et les processus doivent être rationalisés pour devenir pleinement efficaces.

Pour progresser dans l’utilisation des solutions digitales, le levier culturel est jugé indispensable afin de lever les freins

Pour les professionnels interrogés, plusieurs freins empêchent la transformation digitale :

  • Un manque de compétences et d’employés sensibilisés au digital, ainsi que de savoir-faire capitalisé au sein de l’entreprise (pour 89 % des répondants)
  • Une collaboration trop peu aboutie entre les parties prenantes
  • Des efforts trop élevés à fournir en termes de conduite du changement

Pour parvenir à lever ces freins, une immense majorité d’acteurs interrogés considèrent que la diffusion d’une nouvelle « culture digitale » dans l’organisation et les processus, ainsi que la standardisation des pratiques, constituent des leviers majeurs. Pour ce faire, il faut impérativement aligner la stratégie, le management et la culture de l’entreprise sur cet objectif. Cela peut passer par l’implémentation de nouvelles solutions, la mise en œuvre d’outils plus collaboratifs, et la définition d’un « droit à l’erreur » qui pousse les collaborateurs à innover.
 

Le passage à une maintenance prédictive et la généralisation de l’approche BIM (Building Information Modeling) sont également plébiscités comme axes de progrès. Afin d'approfondir le sujet, BearingPoint mène actuellement une enquête internationale sur le BIM dans les secteurs de l'énergie et des transports.

Nos conclusions : la digitalisation des infrastructures ferroviaires, une transformation qu’il convient d’accélérer par un alignement de toute l’organisation sur cet objectif

L’enquête met à jour une forte volonté de transformation digitale dans la gestion des infrastructures ferroviaires, mais également des niveaux de maturité différents parmi les parties prenantes et des freins forts.
Or, l’apprentissage du digital suit une courbe qu’il est nécessaire de « gravir » afin d’atteindre une stratégie optimale, servie par une organisation et des processus adaptés. A chaque étape, certaines difficultés apparaissent, qu’il convient de traiter par des actions adaptées.



Afin d’exploiter pleinement les avantages de la digitalisation, plusieurs sujets doivent ainsi être cadrés, et traités :

Avantages de la digitalisation

Challenges

Transparence des coûts, des statuts, des processus

Politique data et management des risques associé

Meilleure information par un partage pro-actif

Etablir un réseau de partenaires projet et une culture digitale au sein de l’organisation

Planification et programmation fiables

Assurer le bon niveau de compréhension des acteurs. Mettre en place un management de projet fiable et équitable

Visibilité du cycle de vie de l’infrastructure

Exigences initiales et d’implémentation de l’architecture IT, consolidation des données

 

Ainsi, BearingPoint recommande d’aligner la vision métier, IT et Data de l’entreprise pour amorcer et réussir la révolution digitale, à travers des actions concrètes :

  • Vision métier : ateliers d’idéation, développement de stratégies et de business models dédiés, redéfinition et optimisation des processus, sensibilisation des managers, conduite du changement
  • Vision IT : Définition de standard, software & hardware integration, définition de l’architecture et du management des data
  • Data : modélisation, visualisation des données, simulation, prédiction des performance, automatisation des process.

Pour approfondir le sujet, n’hésitez pas à consulter l’étude ici ou à nous contacter directement.


Auteurs : 
Pierre-Hugo Leroy, Consultant
Edouard Chambalu, Manager
Emmanuel Autier, Partner


 

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