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L’utilisation des grandes quantités de données dans l’industrie a radicalement évolué. Le stockage peu coûteux, les analyses avancées et l’intelligence artificielle offrent de nouveaux enseignements. Les progrès de la réalité augmentée et la robotique de pointe offrent également des opportunités dans tous les secteurs. Pourtant, les priorités d’investissement sont différentes en fonction de l’activité.

Le tableau ci-dessous décrit 4 enjeux liés à un secteur particulier et les solutions digitales associées. Les innovations en question sont classées par maturité de la technologie. Tous ces leviers digitaux très spécifiques apportent des opportunités d’amélioration de l’efficacité opérationnelle et/ou déverrouillent de nouvelles sources de revenus.

Le tableau ci-dessus est détaillé dans les paragraphes qui suivent.

L’ingénierie simultanée dans l’aéronautique

Un moteur d’avion est composé de centaines de parties individuelles construites directement par l’assembleur ou produites en externe. La complexité de l’approvisionnement peut se multiplier rapidement en cas de modification de conception en amont et influer sur la fabrication de nombreux autres composants.

Les maquettes numériques répondent à cet enjeu !

Le terme désigne l’ensemble des données informatiques permettant de manipuler un objet - de la même manière qu’avec une maquette réelle ou un prototype -  et de tester sa résistance à diverses contraintes. Elle permet notamment de vérifier le montage et démontage des sous-ensembles et s’assure de la mobilité des composants.

L’apparition des maquettes numériques diminue le nombre de prototypes et permet ainsi de diminuer les coûts et les délais de développement. Cela favorise aussi le travail en « plateaux virtuels », entièrement numérique, permettant aux partenaires d’accéder aux informations de la maquette et d’injecter leurs propres données. Grâce à l’ingénierie simultanée, les équipementiers interviennent de plus en plus tôt, dès la phase de définition des projets. Le plus grand assembleur européen estime que les délais de consultation de ses fournisseurs ont diminué de 8 à 2 semaines grâce à ce procédé.

La grande distribution passe à l’inventaire sans fil

Les chaînes de magasins de vêtements visent à rendre leur supply chain toujours plus rapide, visible et fiable. En particulier, un des leaders du secteur cherche à maximiser ses profits par un réapprovisionnement rapide des articles qui se vendent le mieux.

La récente innovation mise en place permet de suivre les vêtements depuis la fabrique et jusqu’au point de vente. La technologie est basée sur un système de suivi par microprocesseurs (technologie RFID : radio frequency identification) fixés sur les vêtements. L’enseigne dispose, par la même occasion, d’un système d’inventaire intelligent signalant en temps réel les vêtements qui nécessitent d’être réapprovisionnés.

Le groupe déploie actuellement la technologie RFID dans 700 de ses magasins et projette de l’étendre aux 500 autres d’ici fin 2016. Ainsi, la totalité des points de vente en sera équipée. Dans un magasin équipé, dix membres du personnel peuvent désormais faire l’inventaire en deux heures, contre plus de cinq heures dans les autres magasins.

Le premier médicament fabriqué en impression 3D

Décodage du génome humain, clonage, nouveaux vaccins… Les prochaines années de la recherche médicale pourraient être plus riches en bouleversements que les deux siècles précédents, comme en témoigne le dynamisme actuel.

L’autorité américaine de régulation des denrées alimentaires et produits médicaux (FDA : Food and Drug Administration) a récemment approuvé la commercialisation du premier médicament fabriqué grâce à une technologie d’impression 3D.

Sur la base d’un fichier numérique, l’objet se forme grâce à la superposition de couches de matériaux et non par l’ablation de matière, comme c’est le cas dans l’usinage ou le façonnage. Le procédé permet d’obtenir un degré de précision élevé et une grande qualité dans l’élaboration du matériau.

Le produit en question, contre l’épilepsie, est constitué d’une structure poreuse qui lui permet de concentrer une dose plus importante de produit actif, tout en se dissolvant beaucoup plus rapidement dans l’eau qu’un médicament traditionnel, facilitant la prise par voie orale.

Ces « imprimantes » sont déjà utilisées par les dentistes afin de créer des répliques des mâchoires et des dents, ou encore pour fabriquer certains implants dentaires. Plusieurs études sont également en cours pour que l’impression 3D puisse, un jour, couvrir la pénurie massive de donneurs d’organes.

Des usines de la taille d’une valise pour répondre à la miniaturisation de l’électronique

Face aux exigences grandissantes de réduction de taille de composants liées aux applications de l’électronique, la miniaturisation gagne les moyens de production.

Des micro-usines, avec des systèmes de production complets, regroupent cellules d’usinage, manipulateurs, postes d’assemblage et de conditionnement, dans un espace de la taille d’une valise.

Sur le plan technique, les faibles masses en mouvement et distances à parcourir permettent des gains de dynamique et de précision. Sur le plan économique, déplacer un objet avec des micromanipulateurs consomme beaucoup moins d’énergie qu’avec des robots de taille normale. Plus légères, les machines sont plus rapides et productives.

Le concept industriel émerge à peine, pourtant certains résultats sont déjà très encourageants. Un laboratoire japonais a présenté un prototype baptisé « micro-usine » regroupant un tour, une fraiseuse, une presse et un petit manipulateur dans une valise de 60 centimètres de côté. Aux Etats-Unis, le laboratoire Eigerlab (Illinois) développe son troisième prototype de microtour. Le centre suisse d’électronique et des microtechniques (CSEM), enfin, met au point la « Micro Factory », un ensemble de modules qui combinent salles blanches et stations d’assemblage de composants électroniques.

Nous pouvons observer que, dans tous les secteurs, les solutions digitales offrent de belles promesses d’amélioration de l’efficacité des opérations. Pourtant, la révolution numérique n’en est qu’à ses balbutiements dans l’industrie. Les leaders de la fabrication numérique, y compris certains petits acteurs, obtiennent déjà un avantage concurrentiel significatif en exploitant les données des concepteurs, gestionnaires et fournisseurs, en accélérant le rythme de l’innovation et en abaissant les coûts de production et de maintenance.

Pour tirer profit au maximum de la révolution digitale, voici des questions que chaque acteur industriel doit se poser :

  • Dans quelles solutions et quels partenariats investir ?
  • Quelles nouvelles capacités, compétences et mentalités sont nécessaires dans l’organisation ?
  • Comment identifier, recruter et retenir de nouveaux talents ?

Rédacteur en chef : Julian Pechoux
Auteur : Christophe Dubois Destrizais

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