Le nucléaire est la seule énergie dite « zéro-carbone » permettant de produire de l’électricité en masse et sans intermittence. Face aux enjeux climatiques et à la demande énergétique croissante, de nombreux pays se lancent dans la construction de nouveaux réacteurs. Historiquement pionnière de l’industrie nucléaire, la France cherche à se positionner sur ce marché notamment grâce à son dernier modèle de réacteur : l’EPR. Quelle est la place de l’EPR dans le monde ? Quels enseignements tirer de Flamanville 3, seul EPR en construction sur le sol français ? Quels enjeux pour la filière nucléaire française aujourd’hui ? Notre dossier thématique sur le nouveau nucléaire français donnera des clés pour répondre à ces questions d’actualité.

Construire un réacteur : un travail d’équipe

La construction d’un réacteur nucléaire demande une coordination importante entre un grand nombre d’acteurs différents qui s’unissent pour travailler à un objectif d’envergure. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit comme l’EPR de technologies nouvelles qui viennent rajouter une couche de complexité à chaque étape de la construction. Grâce à une présence de longue date dans les secteurs du nucléaire et un soutien des pouvoirs publics, la France est dotée d’un tissu industriel nucléaire capable de prendre en charge tous les aspects de ces projets au long cours.

Flamanville 3

L’exemple le plus significatif de cette expertise française est le chantier de Flamanville 3. Implanté sur le site de Flamanville en Normandie déjà doté de 2 réacteurs en fonctionnement, le premier EPR sur le sol français viendra ajouter 1600 MW de puissance électrique nette à la centrale. Le chantier est piloté par EDF et encadré par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). Framatome livre clé en main la chaudière nucléaire, assure sa mise en service et son approvisionnement. En parallèle, Bouygues Travaux Publics dirige les travaux de génie civil. Enfin, Alstom/GE délivre la turbine. Ces principaux acteurs sous-traitent un très grand nombre d’opérations à une multitude d’acteurs spécialisés. Il en découle un écosystème d’acteurs diversifiés exigeant une coordination irréprochable. Prévu pour être mis en service en 2023, c’est l’un des projets les plus complexes menés par EDF. Véritable aventure nationale, ce chantier a successivement affronté des crises techniques, financières, sociales et sanitaires le tout sous le feu permanent des médias et des responsables politiques de tous bords. Cette « tête de série » (comprendre premier d’une génération) a permis de mettre en évidence les défis et de faire émerger les limites du projet donnant naissance à des enjeux clés que devront relever les prochaines constructions d’EPR.

Le rapport FOLTZ et le plan EXCELL

Commandés par le gouvernement à la suite des retards et surcoûts du réacteur de Flamanville 3, le rapport de Jean-Martin Foltz remis en 2019 offre une perspective enrichissante sur les difficultés et les enjeux rencontrés par l’EPR Français. Dans leur grande majorité, les problèmes rencontrés par la construction du réacteur de Flamanville 3 ont pour origine le manque d’expérience des différents acteurs intervenants. Ce manque d’expérience est visible pour les acteurs traditionnels qui préfèrent déléguer certains travaux à de la sous-traitance plutôt que d’en assurer la réalisation. Le rapport pointe aussi un problème de gouvernance avec des entités multiples aux périmètres flous et de nombreux points de contacts pour les différents intervenants du chantier.

Le plan EXCELL lancé en 2020 par EDF sur la base de ce rapport doit permettre à la filière nucléaire française d’atteindre le plus haut niveau de rigueur, de qualité et d’excellence. Il repose sur le renforcement de 3 axes :

  • La qualité industrielle avec notamment une profonde révision de sa relation avec les fournisseurs et un meilleur partage des risques
  • Les compétences avec la création d’une université des métiers du nucléaire et le renforcement des formations
  • La gouvernance des grands projets nucléaires en assignant à chaque grand projet un comité stratégique présidé par le PDG permettant un pilotage sur mesure

Pour arriver à ces objectifs, EDF se donne les moyens de ses ambitions : 100 millions d’euros ont été alloués à ce plan sur la période 2020-2021.


Auteurs :

  • Sources

    Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)

    Electricité de France (EDF)

    Framatome

    Autorité de sûreté nucléaire (ASN)

    Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN)

    Futura Sciences

    Connaissancedesenergie.org

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