Malgré les moyens colossaux déployés (en capital et talent), le KYC reste très perfectible dans de nombreuses institutions financières en raison de processus fastidieux, peu digitalisés, de duplication d’efforts et de risque d’erreur. La blockchain émerge comme une solution pour répondre aux défis d’une plus grande efficacité opérationnelle des processus KYC et d’une amélioration de l’expérience client.

Un renforcement des exigences et des sanctions

La réglementation encadrant le KYC continue de se renforcer, notamment avec la 5ème directive (entrée en vigueur le 10 janvier 2020), et génère de la complexité dans les organisations et de vraies difficultés opérationnelles pour s’y conformer. Les nombreuses et récentes sanctions pour manquement aux obligations en matière de connaissance des clients sont venues le rappeler.

Un environnement concurrentiel en constante évolution

Les acteurs bancaires traditionnels sont fortement bousculés par des acteurs digitaux qui proposent des entrées en relation pouvant être 3 à 4 fois plus rapides.

En émergence depuis quelques années, les néo-banques « disruptent » le marché grâce à leur capacité à agréger rapidement des briques technologiques innovantes.

Pionnier dans l’univers des banques en ligne, Boursorama a su engager sa mutation vers un modèle de banque généraliste grâce la maîtrise de la relation à distance pour l’entrée en relation et la souscription de produits complexes comme le crédit immobilier.

Le levier de l’innovation technologique

Pour faire face à ces multiples enjeux réglementaires, d’expérience client et de concurrence des nouveaux acteurs digitaux, le levier technologique doit être appréhendé dans sa globalité afin d’identifier, pour chaque étape du processus, la brique technologique la plus pertinente pour sécuriser le KYC et renforcer l’efficacité opérationnelle.

Ces technologies peuvent s’appliquer au processus KYC sur les aspects suivants :

  • La robotic process automation qui permet notamment d’automatiser la collecte des données client
  • L’intelligence artificielle qui offre plusieurs techniques d’optimisation : deep learning, natural language processing, lecture intelligente des images par les machines (computer vision) …
  • La blockchain permet de normaliser le stockage, la traçabilité et le partage de données clients. Le caractère immuable et sécuritaire de la blockchain offre de nouvelles perspectives d’échanges de données avec un niveau de sécurité élevé, ce qui en fait un candidat très pertinent pour le KYC, compte tenu de la sensibilité des informations manipulées.

Simplifier et optimiser le processus KYC grâce à la blockchain 

La blockchain utilise des mécanismes de cryptographie et de validation par consensus de données partagées et décentralisées, tout en assurant nativement la traçabilité et l’intégrité des données échangées. Le cas d’usage principalement repris dans les différentes initiatives lancées à date consiste à faciliter l’échange des documents KYC.

Plusieurs approches de mutualisation des données existent aujourd’hui :

  • Les initiatives interbancaires de place, comme celles lancées par R3 ou la Caisse des Dépôts,
  • En intra banque, les cas d’usages s’articulent autour de la capitalisation des dossiers KYC au sein d’un même groupe bancaire ou d’assurance pour optimiser le KYC des clients en relation avec plusieurs de ses entités. La capitalisation du processus KYC génèrerait un gain en moyenne de 65% pour les collaborateurs (sur les dossiers KYC en doublon).

Les défis techniques et réglementaires à relever

D’un point de vue réglementaire, la compatibilité d’une solution KYC blockchain avec la gestion des données personnelles (édictée par le Règlement Général sur la Protection des Données – RGPD) soulève des interrogations. La solution de KYC partagé avec la blockchain au sein d’un même groupe devrait lever certaines de ces incertitudes, à savoir :

  • La possibilité de partager les données à caractère personnel entre entités juridiques d’un même groupe,
  • Le consentement du client pour maintenir, voire partager, ces données au sein d’un groupe ne devrait pas être un pré-requis car les informations collectées pour le processus KYC répondent à une obligation légale des institutions financières.
  • Le droit à l’effacement des données à caractère personnel

D’un point de vue système d’information, l’insertion de cette nouvelle brique technologique dans l’architecture IT et l’univers applicatif du processus KYC peut représenter un véritable défi pour les institutions financières coincées par des SI rigides et complexes à faire évoluer.

Malgré ces défis, les institutions financières et leur écosystème maintiennent un fort intérêt pour toutes les initiatives autour de la blockchain, portées notamment par le besoin fort d’optimisation et de simplification du processus KYC.

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