Pour se relever de l’impact de la crise sanitaire sur les finances de l’entreprise, la disponibilité du cash est un sujet clé. En ce sens, l’optimisation des stocks peut être un levier majeur pour retrouver des marges de manœuvre en termes de trésorerie. Les 4 règles d’or suivantes, issues de nos expériences chez de multiples clients industriels, vous permettront de mener à bien vos projets d’optimisation de stock.

1. Optimiser les stocks : l’affaire de tous, au-delà de la supply chain

Pour être réellement efficace, un projet d’optimisation des stocks doit s’inscrire dans une démarche holistique et prendre en compte toutes les fonctions ayant un impact, direct ou indirect, sur les stocks. Le schéma ci-dessous décrit les différents problèmes par fonction pouvant mener à des stocks non-optimisés.

L’optimisation des stocks doit donc être l’affaire de tous !

2. Faire confiance à la data pour changer les paradigmes

Les projets d’optimisation de stocks ne font pas exception et s’appuient sur un nombre de paradigmes très répandus :

Pour réussir ces projets, ces paradigmes doivent être remis en cause et étayés avec des données chiffrées (données historiques, simulations, indicateurs clés, etc.).

Par exemple, un acteur de l’industrie métallurgique considérait qu’une taille standardisée des lots pour toutes ses références lui permettaient d’optimiser ses coûts. En s’appuyant sur des analyses chiffrées de la demande, du prix et du temps de changement, ce paradigme a pu être remis en cause en segmentant les références en fonction de la demande. En produisant les deux références les plus demandées chaque semaine et les moins demandées une fois par an, cet industriel a adapté la taille de lot à la demande, ce qui lui a permis de baisser ses stocks de 26%.

De la même manière, un acteur de l’industrie chimique ne pensait pas qu’il était possible d’optimiser ses stocks en réduisant les tailles de campagne de production sans augmenter significativement ses temps de changement et ses coûts. En s’appuyant sur les données de production, ce paradigme a pu être remis en cause à travers l’identification de références pour lesquelles les réductions de stock permettaient de compenser les surcoûts liés aux temps de changement. Cela a permis à cet industriel d’observer une réduction de 29% de son niveau de stock en réduisant la taille de ses campagnes de production pour certaines références précises.

La data permet donc de remettre en cause le statu quo, de changer les paradigmes et ainsi d’identifier des projets avec un impact significatif sur le long terme pour l’optimisation des stocks. Néanmoins, un prérequis à l’utilisation de la data est d’avoir une data fiable, mappée et historisée pour être en mesure de construire des analyses pertinentes.

3. Construire une feuille de route mêlant « quicks wins » et transformations structurantes

Pour une optimisation pérenne des stocks, il s’agit de construire un plan d’actions porté sur le court, moyen et long terme. Les « quick wins » sont essentiels pour rapidement enclencher la démarche d’optimisation des stocks et avoir des résultats rapides et tangibles. Les actions sur le moyen et le long terme permettent, quant à elles, de traiter les causes racine des surstocks ou ruptures de stocks et, ainsi, de rétablir de manière pérenne le bon niveau de stock. L’arbre ci-dessous, où chaque pomme représente un levier d’optimisation de stock, décrit cette situation, des leviers les plus accessibles (quick wins) aux leviers les plus ambitieux (long terme).

Si l’on ne cueille que les pommes à portée de main, alors l’optimisation des stocks ne sera pas viable sur le long terme. Si l’on ne cueille que les pommes du sommet de l’arbre, alors les équipes investies dans le projet risquent d’être découragées, les résultats n’étant visibles qu’après un délai significatif. Il est donc essentiel de construire un plan d’actions avec des leviers à court, moyen et long terme pour que le projet d’optimisation des stocks soit une réussite.

4. Mettre en place une gouvernance pour sécuriser le projet d’optimisation des stocks

Après avoir identifié des leviers d’optimisation de stock et élaboré une feuille de route à suivre, il est crucial de sécuriser le projet en mettant en place une équipe et une gouvernance à plusieurs niveaux afin de le piloter et d’assurer son bon avancement.

L’optimisation des stocks relève de l’amélioration continue. Pour ce faire, il faut fixer des objectifs, les atteindre et les réviser pour être encore plus ambitieux.

Une communication régulière entre ces différents niveaux, adossée à des outils de reporting, est essentielle pour suivre le projet d’optimisation de stock. La mise en place d’une gouvernance permet ainsi de sécuriser cette communication et le bon déroulement du projet. Elle doit être adossée à un processus S&OP robuste, permettant d’améliorer la planification des ventes et des opérations, et permettre ainsi de guider le projet d’optimisation des stocks.

Ces quatre règles d’or sont donc des axes clés permettant de mener un projet d’optimisation de stock. Apporter un regard nouveau sur les pratiques et méthodes de gestion de stock, parfois ancrées depuis longtemps dans l’entreprise, est d’autant plus important pour faire de ce projet une réussite. Un accompagnement externe pour guider le projet n’est-il pas, dès lors, pertinent ?

Auteurs :
Johann Herkens, consultant
Willy Marmuse, senior manager
Vincent Houllière, senior manager

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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