À la suite des publications des différents rapports du GIEC, les particuliers et les entreprises se posent de plus en plus la question de l’action efficace pour freiner l'accélération du dérèglement climatique.

Alors que les réponses sont nombreuses et progressivement plus connues pour les particuliers, les leviers d'action des entreprises sont bien plus complexes à appréhender alors qu'ils sont tout aussi nombreux. Nous nous concentrerons ici sur ces derniers. 

Les entreprises disposent tout d'abord des leviers d'encouragement aux actions individuelles des employés. Par exemple : mettre à disposition des systèmes de tri de déchets, encourager la mobilité douce, sensibiliser au changement climatique (e.g. fresques du climat, formations, communications internes), inciter à une utilisation responsable des ressources tant naturelles qu'informatiques, appel à la réduction de la consommation d'appareils électroniques, etc.

Cependant, les leviers concernant leurs activités opérationnelles sont plus difficilement quantifiables. En effet les entreprises se heurtent au problème de la mesure d’impact de leurs initiatives de réduction de leur empreinte environnementale. Car, une fois les différentes initiatives lancées, se pose la question de leur efficacité, de leur influence sur les émissions de gaz à effet de serre et, pour les investisseurs/consommateurs, de la réelle performance de ces initiatives.

Ainsi, sont nées des centaines d'écolabels sur les 20 dernières années pour certifier des produits, des services ou encore des entreprises comme étant durables, eco-friendly, bio etc. Au fur et à mesure que ces labels se multiplient, la confusion grandit autour de leur sens et des méthodes d’évaluation.

Afin d’apporter de la clarté quant à l'impact réel sur l'environnement d'une entreprise, la commission européenne entreprend la création d'indicateurs règlementés dont la signification est claire et documentée. Parmi ces initiatives :

  • Le PEF (Product Environmental Footprint), un indicateur transverse aux industries, vise à mesurer l'empreinte environnementale de produits finis ;
  • La Taxonomie européenne mesure le pourcentage de chiffre d’affaires d'une entreprise accordé à des projets en accord avec les objectifs climatiques et environnementaux européens.

Ces indicateurs sont encore en cours soit de définition soit de développement. Cependant, les grandes entreprises préparent dès à présent leurs arrivées. En effet, il n'est pas possible de suivre l’empreinte de dizaine de milliers de référence produites ou vendues grâce à un simple fichier Excel. Les entreprises doivent repenser leur modèle pour concevoir des solutions data qui accueillent par construction les données d’impact environnemental. Cela se traduit aussi par la revue des organisations, systèmes, processus, relations avec les fournisseurs afin d'y intégrer la notion d'empreinte environnementale de son activité, ses projets et produits et services.

Comment BearingPoint accompagne ses clients dans la mise en place de solutions data pour soutenir leurs stratégies de développement durable ?

Dans le cadre d'un projet mené chez un de nos clients, fabricant français de vêtements, BearingPoint a revu le périmètre de Master Data Management pour aligner la mise en place d'indicateurs de développement durable, tels que le PEF, avec la stratégie du groupe.

Cet acteur souhaite connaitre et partager à ses clients l’empreinte environnementale des produits proposés en magasin en se basant sur leurs données de production et de transport (quantité d'énergie consommée, distance et moyens de transports du produit, quantité d'eau polluée, etc.).

Les principaux défis pour de tels indicateurs sont les réseaux de distribution complexes et les conséquences lourdes sur les modèles de données qui ne sont aujourd'hui pas adaptés (par exemple : l'énergie consommée et l'origine des matières premières varient d'un lot de production à un autre. Il faut alors savoir différencier des lots de production dans les différents systèmes d'information, et ce jusqu'à leur distribution en point de vente). De plus, certains distributeurs, également soucieux de l’empreinte des produits qu’ils revendent, imposent leurs propres indicateurs de développement durable à leurs fournisseurs. Le calcul ou la fourniture des données de ces indicateurs sont alors délégués aux fabricants, augmentant non seulement le besoin mais aussi la contrainte sur ces données.

BearingPoint a ainsi accompagné ce client dans la revue de son architecture et de son modèle de données pour porter les informations de consommation de ressources et indicateurs associés, des logiciels de conception jusqu’aux sites de e-commerce. BearingPoint a également recommandé une organisation à mettre en place pour permettre la récolte des informations de traçabilité nécessaires à leur calcul.

BearingPoint a également accompagné un des leaders mondiaux dans les domaines de l'énergie et des communications, dans l’alignement de sa segmentation stratégique avec les objectifs environnementaux, et l'industrialisation de ses processus de collecte et de consolidation de données pour se conformer à la taxonomie européenne et pouvoir calculer sa "GreenShare".

Revenons sur la définition de la Taxonomie européenne. Elle est un système de classification des activités économiques portant l'objectif d'identifier celles contribuant de manière significative à la réalisation d'un des objectifs climatiques et environnementaux européens sans nuire par ailleurs aux objectifs intrinsèques de protection du climat et de l’environnement.

En intégrant les éléments de classification de la taxonomie européenne dans sa segmentation stratégique et en facilitant leur processus de collecte, cet acteur souhaite améliorer le pilotage de la performance du groupe et confirmer à ses investisseurs son statut de leader de la transition vers une économie bas carbone et durable dans son secteur.

Afin d’assurer la pérennité de cette nouvelle segmentation, la mise en place d’outils permettant de collecter les données, et l’évolution des infrastructures permettant d’assurer le maintien en qualité, le stockage et la distribution de ces données se sont avérées nécessaires.

Le défi principal est de construire une granularité de segmentation répondant aux exigences de la taxonomie européenne tout en ayant du sens dans le contexte des activités du client. Trouver l'équilibre entre ces deux enjeux est un élément fondamental pour garantir la bonne saisie et donc la qualité des données qui seront collectées. En plus de ces enjeux, de telles transformations nécessitent de la conduite du changement et de la formation à la Taxonomie européenne pour assurer une adoption de celle-ci par tous ses utilisateurs.

Ainsi, au-delà du simple besoin de collecte de nouvelles données de développement durable, ces chantiers sont en réalité particulièrement stratégiques car ils sont au cœur des organisations, processus et outils des entreprises. Il est alors nécessaire de revisiter les modèles de données afin de supporter ces nouveaux besoins, au-delà de solutions temporaires et peu robustes.


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