En entreprise, de nombreux processus métiers sont partiellement - voire complètement - supportés par des systèmes informatiques : la digitalisation des processus représente de plus en plus d’activités, supportées par un nombre croissant de systèmes qui génèrent toujours plus de données.
Une fois ce constat effectué, il est légitime de se demander si les manières traditionnelles d’étudier les processus sont encore suffisantes :
Le Process Mining est à la croisée du Data Mining et du Business Process Management : c’est une approche analytique qui vise à construire une vision exhaustive et objective des processus à partir de données factuelles.

Ainsi, le Process Mining est une approche à forte valeur ajoutée lorsqu’il s’agit de construire un point de vue sur la mise en œuvre réelle d’un processus et de savoir identifier les déviations par rapport au processus idéal, les goulots d’étranglement et les potentielles optimisations du processus.
Qu’importe la nature du processus étudié, dès lors qu’il est supporté par des outils digitaux, des informations sont créées et stockées par les systèmes informatiques (ERP, applications métier, etc.) correspondants, notamment via les logs applicatifs. Ces informations stockées présentent souvent des similitudes et permettent de retracer le parcours d’un « objet » à travers différentes étapes à différents moments dans le temps.
Le Process Mining s’appuie sur des outils qui exploitent ces « traces » digitales pour reconstruire, visualiser et analyser les processus, donnant ainsi toute transparence et objectivité vis-à-vis du processus réel.

Afin d’être exploitables, ces « traces » digitales doivent à minima comporter :
En complément, il peut être intéressant de capter des données complémentaires à sélectionner selon le processus étudié, par exemple : fournisseur, type de produit, localisation, personne/direction, canal, valeur, etc. Celles-ci permettront de mener des investigations plus poussées.
À partir de ces données, il est possible de visualiser une représentation du processus idéal et de l’ensemble des déviations par rapport à celui-ci. Cela permet rapidement de détecter des inefficacités potentielles dans le processus.
Au-delà de la représentation du processus, on peut également s’intéresser aux temps d’exécution de chaque étape, ou encore ne regarder qu’un périmètre plus restreint afin d’identifier où, quand et pourquoi le processus dévie de sa version idéale.
Pour un processus d’achat simplifié composé idéalement de 4 étapes (enregistrer la commande, recevoir les biens, enregistrer la facture et payer la facture), on retrace le processus suivi par des commandes à partir des « traces » digitales laissées dans un ERP.
Exploitation des « traces » digitales :

Représentation du processus :

On constate rapidement que, par rapport à la commande 1 (noir) qui suit le processus idéal, les deux autres commandes sont en écart :
On distingue trois cas d’utilisation majeurs du Process Mining :

Dans les trois cas, c’est bien la compréhension de la mise en œuvre réelle des processus, basée sur des données objectives et exhaustives qui fait la valeur ajoutée de la démarche Process Mining.
Par ailleurs, cette démarche représente une amélioration de la façon de travailler dans le domaine de la gestion des processus :
Le Process Mining n’est pas dédié à un secteur d’activité particulier. La démarche pourra apporter de la valeur partout où des processus sont mise en œuvre et étudiés. Au sein d’un entreprise, plusieurs fonctions peuvent être intéressées par l’approche :
Afin d’obtenir de bons résultats, le lancement d’une initiative Process Mining nécessite de prendre quelques précautions. On peut noter qu’il est important :
Par ailleurs, les analyses menées grâce au Process Mining ne doivent pas être une fin en soi mais servir de point de départ factuel pour des études plus poussées sur les processus. Réintroduire un aspect humain, par exemple en employant une démarche Design Thinking, permet de compléter et d’approfondir les résultats obtenus grâce au Process Mining en prenant en compte les utilisateurs.
Auteur : Thomas Zarazik, Manager