La France, signataire de l'accord de Paris sur le climat, s'est engagée de manière significative à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir la transition vers une économie plus durable. La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) et la loi énergie-climat sont les instruments nationaux clés alignés sur ces engagements internationaux :

  • La PPE établit une feuille de route stratégique pour diversifier le mix énergétique, favorisant l'essor des énergies renouvelables et la diminution de la dépendance aux énergies fossiles (objectif à date : augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie finale à 33 % d'ici 2030).
  • La loi énergie-climat fixe des objectifs stricts, inscrivant dans la législation nationale les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris (objectifs à date : neutralité carbone d'ici 2050 et réduction de 45 % de la consommation primaire d'énergies fossiles d'ici 2030).

Ces évolutions vers une production d'énergie axée sur les énergies renouvelables, ont des implications significatives pour le secteur. Confrontés aux augmentations de volumes attendues, les exploitants d'énergies renouvelables font face à des enjeux majeurs liés à la performance des installations, essentiels pour assurer la viabilité et la rentabilité de leurs installations.


Les enjeux de la phase d'exploitation

Ces enjeux ouvrent la voie à l'innovation et à des opportunités considérables pour contribuer à la transition vers un avenir énergétique plus durable. Nous vous présentons dans cet article 5 cas d’usage d’outils numériques permettant d’optimiser la performance des parcs.

1. Cockpit de pilotage opérationnel des parcs

La mise en place d'un cockpit de pilotage opérationnel des parcs renouvelables (éolien, photovoltaïque etc.), couplée à la création d'une équipe dédiée à la supervision à distance, marque une évolution dans la gestion des actifs. Ce dispositif, rendu possible via la mise en place d’un SCADA (système de contrôle et d’acquisition de données en temps réel) et d’un EAM (gestion des actifs d’entreprise), permet une surveillance et un pilotage en temps réel des actifs, partagés entre tous les sites, offrant une visibilité approfondie sur leur état opérationnel. La constitution d'une équipe exclusivement dédiée à la supervision à distance garantit une réactivité maximale face aux incidents, contribuant à réduire le temps moyen de réparation (MTTR) et à maximiser le temps moyen entre les pannes (MTBF).

En adoptant une approche proactive, cette stratégie vise à optimiser le taux de disponibilité (PR), minimisant ainsi les interruptions non planifiées. Cette synergie entre la technologie de pointe du cockpit opérationnel et l'expertise spécialisée de l'équipe dédiée accroît l'efficacité opérationnelle et favorise la durabilité des énergies renouvelables.

2. Cockpit performance stratégique

La mise en place d'un cockpit de benchmark pour évaluer les types d'actifs est une initiative stratégique qui révolutionne la gestion des infrastructures renouvelables. Ce cockpit, élaboré via un Data Hub (stockage, centralisation et consolidation des données) couplé avec des outils de data visualisation, offre une comparaison détaillée des performances des actifs, prenant en compte les variables locales telles que la météo, la topographie, et autres facteurs environnementaux. En permettant une analyse comparative approfondie, il facilite la prise de décisions éclairées en identifiant les meilleures stratégies d'exploitation. La détection précoce des inefficacités ou des défaillances potentielles permet une optimisation des phases d'exploitation, réduisant ainsi les temps d'arrêt imprévus.
Cet outil va au-delà de la simple surveillance en guidant également les stratégies d'investissements. Les données recueillies permettent d'identifier les actifs les plus performants, orientant ainsi les décisions financières pour maximiser les rendements sur le long terme. En intégrant ces informations, le cockpit de benchmark devient une ressource essentielle pour les gestionnaires d'actifs, contribuant à une exploitation plus efficiente, économique et durable des infrastructures énergétiques.

3. Pilotage de la performance financière


Le pilotage de la performance financière des parcs renouvelables évolue de manière significative grâce à la mise en place d'outils EPM (Enterprise Performance Management) et de modélisations prédictives dédiés aux prévisions de type production, maintenance etc. Ces technologies permettent une gestion financière plus précise et proactive des installations.
Les outils d'IA utilisent des modèles avancés et des algorithmes prédictifs pour analyser les données météorologiques, les tendances saisonnières, les données passées de production des actifs et autres paramètres influençant la production d'énergie renouvelable. En anticipant les variations de la production, ces outils offrent des prévisions plus précises, minimisant les écarts entre les projections et les résultats réels.
Cette approche intelligente améliore la planification budgétaire, permettant aux gestionnaires d'ajuster leurs stratégies financières en fonction des variations prévues de la production. En optimisant la précision des prévisions, les risques financiers liés à des fluctuations inattendues sont réduits, renforçant ainsi la stabilité économique des parcs renouvelables.
 

4. Gestion des partenaires


Dans le domaine de l'exploitation des parcs renouvelables, la gestion des partenaires et des sous-traitants constitue un élément essentiel. La mise en place de d’outils de Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur (GMAO) et de Gestion Electronique des Documents (GED) apporte à la fois visibilité et suivi renforcé, permettant d'assurer une transparence accrue tout au long du processus. Cela inclut la surveillance des performances des partenaires, la gestion efficace des contrats, et le suivi des relations commerciales.

La collaboration sur des plateformes numériques (GMAO, GED etc.) renforce la connectivité entre toutes les parties prenantes, facilite la communication en temps réel, la gestion des documents et la coordination des activités entre les différentes entités impliquées, créant ainsi une entreprise étendue. Cela conduit à une meilleure efficacité opérationnelle, à une réduction des risques liés aux relations contractuelles, et à une amélioration globale de la performance des projets.

En adoptant une approche centrée sur la collaboration numérique, la gestion des partenaires devient plus agile, proactive et transparente. Ces pratiques renforcent la confiance, minimisent les litiges potentiels et favorisent des relations fructueuses à long terme, contribuant ainsi au succès durable des initiatives énergétiques.
 

5. Gestion des inventaires

La gestion des inventaires et des pièces de rechange dans l'exploitation des parcs renouvelables est essentielle pour maintenir la disponibilité opérationnelle et minimiser les temps d'arrêt. L'introduction d'outils numériques (GMAO et EAM) offre une visibilité en temps réel, partagée entre parcs voisins, permettant une surveillance constante des niveaux de stock[MG1] , des besoins en pièces de rechange, et des demandes opérationnelles.

L'optimisation des processus entre les équipes opérationnelles et le département des achats devient plus efficace grâce à ces outils. Une communication transparente et automatisée facilite la gestion des approvisionnements, permettant des décisions d'achat rapides et éclairées. Cela conduit à une meilleure planification des inventaires, minimisant les excédents et les pénuries.

L’état fonctionnel des pièces (neuf, reconditionné etc.) est également intégré dans ces processus numériques. Les pièces en fin de vie sont identifiées, retirées et, lorsque possible, recyclées ou réutilisées. Cela contribue à réduire l'empreinte écologique des opérations et s'aligne sur les pratiques durables dans le domaine des énergies renouvelables.

 

En conclusion, les opportunités offertes par le numérique dans la phase d'exploitation des parcs renouvelables sont incontestables et promettent de redéfinir le paysage opérationnel de manière significative. L'introduction d'outils numériques, tels que la gestion des inventaires, la surveillance à distance en temps réel, les outils de GMAO et de GED ouvre des perspectives novatrices. Le numérique se profile ainsi comme un catalyseur essentiel pour maximiser l'efficacité opérationnelle, économique et environnementale dans le secteur en constante évolution des énergies renouvelables.

Avant d’introduire de nouveaux outils pour couvrir des cas unitaires, il sera primordial de :

  1. Prendre de la hauteur et mettre en place une feuille de route digitale selon les différentes phases du projet (construction, exploitation et maintenance etc.) et selon les caractéristiques des projets à déployer ;
  2. Evaluer les outils existants utilisés par les leaders ou acteurs émergents du domaine des énergies renouvelables, afin de définir l’approche à adopter : « best of breed » ou « tout intégré ».

Auteurs :
Noémie Plissonneau, manager
Lionel Braun, senior manager

 

 

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