• Septembre 2025

Une analyse des chaînes de valeur, des mécanismes innovants et de l’écosystème de l’investissement à impact.

L’impact investing, ou investissement à impact, s’est imposé ces dix dernières années comme une approche financière innovante au croisement de la rentabilité économique et de la transformation sociale ou environnementale. Ce mouvement mondial vise à canaliser des flux de capitaux vers des projets qui génèrent des effets positifs mesurables, tout en garantissant une performance financière soutenue.

Selon le Global Impact Investing Network (GIIN), le marché mondial de l’impact investing représentait environ 1 164 milliards de dollars en 2022, contre 114 milliards en 2017, soit une multiplication par dix en cinq ans. Cette croissance soutenue reflète une prise de conscience accrue des enjeux climatiques, des inégalités sociales et de la nécessité de financer une transition inclusive et durable.

Cependant, les flux d’impact investing se concentrent encore majoritairement dans les économies développées. D’après l’OCDE, environ 55 % des investissements à impact en 2021 ont été alloués à des projets en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, contre seulement 17 % en Afrique. Cependant, l’Afrique suscite un intérêt croissant, notamment dans les secteurs de l’agriculture durable, de l’éducation ou encore de la santé. Elle représente un marché émergent à fort potentiel pour l’impact investing. Les besoins de financement pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) y sont estimés à 200 à 300 milliards USD par an, selon la Banque africaine de développement (BAD)3. Or, les financements disponibles couvrent à peine 10 % de ce besoin.

Les défis structurels – notamment l’instabilité politique, le déficit de données fiables, les cadres réglementaires hétérogènes et la faiblesse des capacités locales – freinent encore l’ancrage profond de l’investissement à impact. Mais les opportunités démographiques, numériques et environnementales du continent en font une zone stratégique pour les décennies à venir.

Plusieurs pays africains se démarquent actuellement par leur dynamisme, à l’image du Kenya, du Nigeria, du Ghana, de l’Afrique du Sud ou du Rwanda, qui accueillent un nombre croissant de fonds d’impact, d’incubateurs et d’initiatives publiques privées. Ils feront l’objet d’étude de cas dans ce livre blanc.

Dans son Panorama de l’impact investing en Afrique, publié en 2023, l’AFD estime que l’Afrique subsaharienne concentre environ 350 structures de financement à impact, avec un total d’encours approchant 10 milliards USD.

Ainsi, l’Afrique est aujourd’hui confrontée à un double impératif : accélérer son développement économique tout en répondant à des défis sociaux et environnementaux profonds. Nous étudierons comment l’investissement à impact, en ce qu’il conjugue recherche de performance et transformation sociétale, apparaît comme une solution pertinente pour relever ce défi.

Néanmoins, pour que cette approche prenne toute sa mesure sur le continent, il est nécessaire d’en comprendre les spécificités structurelles, les blocages opérationnels, ainsi que les opportunités de transformation sectorielle. Ce livre blanc vise précisément à éclairer ces enjeux en proposant une analyse intégrée du financement à impact en Afrique à travers trois axes principaux :

1. Une problématique de financement structurel des PME africaines

En particulier dans les secteurs de l’éducation et de l’agriculture. Malgré leur rôle central dans l’économie locale, ces entreprises restent largement exclues des circuits financiers traditionnels, en raison de leur faible structuration, du manque de données fiables et de l’inadéquation des produits bancaires existants. 

2. Une approche méthodologique centrée sur la chaîne de valeur sectorielle

Afin de mieux identifier les points de blocage, les besoins en financement, et les leviers d’impact à chaque étape. Le livre blanc applique cette démarche à deux secteurs clés : – L’éducation, notamment à travers l’essor de l’éducation numérique, en analysant la chaîne allant de la conception des contenus à l’insertion sur le marché du travail. – L’agriculture, en décortiquant chaque maillon – de l’approvisionnement en intrants à la commercialisation – pour mieux comprendre les dynamiques économiques, les besoins d’investissement, et les opportunités de création de valeur inclusive.

Enfin, nous étudierons en profondeur des mécanismes de financement innovants

Plus flexibles et adaptés aux réalités africaines, ces instruments hybrides, mêlant capitaux publics et privés, permettent de mieux partager le risque, de cibler les zones critiques de la chaîne de valeur, et de maximiser l’impact social et environnemental.

 

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