• Octobre 2024

Comment enclencher le cercle vertueux du dialogue entre les citoyens et les services publics ?

La participation citoyenne désigne toute pratique qui consiste à associer les citoyens au processus de décision politique, en dehors des grands rendez-vous électoraux.

La participation citoyenne est un outil puissant d’aide à la décision et de démocratie des gouvernements, donnant une voie au peuple pour la prise de décision publique, comme en témoignent les grandes consultations nationales ou européennes. Cet usage est primordial, répondant à des enjeux clés de bonne gouvernance et redevabilité des pouvoirs publics.

Cependant, la participation ne se limite pas à cet usage et peut prendre des formes multiples, en fonction des contextes et environnements publics. En effet, la participation citoyenne vise à mettre en place un recueil de besoins des citoyens ou usagers, pour l’orientation de politiques publiques… mais pas que. Cette dernière concerne en premier lieu la mise en place de systèmes publics transparents permettant aux citoyens d’être informés au mieux sur la vie politique.

L’information est donc le socle de la participation citoyenne, le ciment du modèle permettant de nouer un premier lien fort entre les citoyens et les autorités publiques et d’enclencher un cercle vertueux de confiance. Ce premier niveau est loin d’être acquis dans tous les environnements. En effet, le manque de transparence des pouvoirs publics sur les politiques menées et sur l’allocation des fonds publics est bien souvent un point majeur de cristallisation des relations entre pouvoirs publics et citoyens. En particulier dans les pays à forts niveaux de corruption, l’opacité de la vie politique est accrue et peut générer une perte totale de confiance et d’engagement citoyen. Le manque de transparence ou la désinformation ne sont cependant pas toujours liés à un manque de volonté politique et peuvent être induits par une mauvaise communication. Ce phénomène fréquent ne permet ainsi pas de toucher et d’intéresser réellement les citoyens, ou plutôt à ne toucher qu’une part infime d’entre eux, laissant pour compte la plus large majorité, exclus du fait de leur éloignement géographique, social ou numérique. La mise en place d’une plateforme d’information publique exposant de la donnée sur l’allocation du budget d’une autorité publique est donc un exemple d’initiative de participation citoyenne répondant au niveau un : l’information. Les objectifs de gouvernements ouverts sont ainsi complètement alignés avec cet enjeu.

Une fois bien informés, les citoyens sont ainsi dans les meilleures conditions pour participer à la vie politique. Les deux niveaux suivants de participation citoyennes diffèrent en fonction du niveau d’engagement des citoyens et de la prise de décision finale. Le niveau deux, la consultation, permet de soumettre pour avis un projet ou une politique publique, à titre indicatif. Le niveau trois, la co-construction va plus loin et permet au citoyen de participer à l’élaboration de la politique publique ou du projet. Ce dernier dispose ainsi de la décision finale et l’autorité publique s’engage à financer ou mettre en place le projet en question. Le niveau d’engagement citoyen sollicité par les autorités publiques dépend du contexte, de sa volonté ou non d’associer les citoyens mais aussi du type de politique publique ou projet faisant l’objet de participation citoyenne. De plus, il est important de garder en mémoire que le niveau d’engagement possible est corrélé au temps du projet au cours duquel la participation citoyenne intervient. En effet, plus cette dernière est mise en œuvre tôt, plus le niveau d’engagement citoyen possible et l’impact associé pourront être importants. Une initiative de coconstruction avec les citoyens intervient à la naissance même du projet, ces derniers pouvant parfois même décider de la nature même du projet, avec la mise en place d’un budget participatif par exemple. A l’extrême inverse, si tout est déjà décidé, il ne restera plus qu’à informer…

Ainsi, la participation citoyenne est multiforme et répond à des enjeux multiples. Simplement et sous toutes ses formes, elle présente un principe constant d’inclusivité et de représentativité. Représenter les citoyens couverts par la politique en question, représenter les usagers du service publics en question, représenter les citoyens de la géographie concernée… et donc inclure chaque segment de la population. Dans les pays en développement, la participation citoyenne présente de nombreuses spécificités, du fait d’une relation de confiance envers les pouvoirs publics souvent fragilisée et d’un enjeu accru de trouver des relais permettant d’engager les citoyens dans une démarche inclusive. Ainsi, on peut se demander comment enclencher le cercle vertueux du dialogue entre les citoyens et les services publics dans les pays en développement, et la forme que peut prendre la participation citoyenne pour y répondre.

  • Téléchargez le livre blanc « Participation citoyenne dans les pays en développement »
    Téléchargez le livre blanc « Participation citoyenne dans les pays en développement » 22.92 MB Download

Would you like more information?

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette publication, nos experts sont à votre disposition.