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Dans ses travaux d’analyse prospective, BearingPoint s’intéresse à étudier les prochaines technologies venant s’intégrer dans la chaine de valeur de l’énergie, sous différents aspects technico-économiques.
Focalisé sur les technologies de l’éolien offshore flottant, cet article vise à restituer une synthèse de nos travaux, en répondant à 5 questions stratégiques dont les réponses permettent de mieux comprendre les perspectives de l’éolien offshore flottant. Chaque semaine nous répondrons à une question.

Quels sont les enjeux industriels à anticiper pour l’éolien flottant ?

La maturité des technologies est un point majeur. Nous l’avons évoqué précédemment dans l’article Eolien Offshore – La révolution du flottant (2/5) : les briques technologiques.

Les investissements en infrastructures demeurent des éléments clés, pour lesquels il n’y a pas encore de réponse structurée :

En France, nous estimons dans notre analyse que 100 M€ d’investissement seront nécessaires pour permettre aux ports français (notamment Marseille et Nantes) d’accueillir les activités industrielles pour l’éolien flottant. Techniquement, ces investissements porteront, selon les schémas industriels retenus, sur la construction de cales-sèches dimensionnées pour les flotteurs, le renforcement des quais à la fois pour la construction des flotteurs et pour l’assemblage de la structure, la construction de rampes de mise à l’eau ou encore, solution la moins couteuse et uniquement adaptée aux solutions béton, des barges submersibles.

L’industrialisation des procédés est également un enjeu critique : la capacité à assurer l’installation des éoliennes flottantes à un rythme industriel est clé pour la faisabilité technico-économique de l’éolien. Au niveau de savoir-faire actuel, il faut compter entre 10 et 15 jours pour installer intégralement une éolienne flottante (dans les conditions « idéales » et hors raccordement au réseau terrestre). Or, par définition, les fenêtres météo propices à l’installation des éoliennes sont très étroites (et variables selon les géographiques considérées). Il faudra donc maîtriser parfaitement les délais de construction, d’assemblage, de transport, d’installation et de raccordement. Ce qui veut également dire, maîtriser la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation de ces activités (disponibilités des moyens nautiques) alors que dès à présent certains bateaux sont déjà des ressources rares sur le marché mondial (concurrence avec l’industrie O&G.

Auteurs :
Agathe Roger, Sénior Consultante
Romain Striffling, Senior Manager