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  • XBRL : What is it?

Le XBRL est l’acronyme d’eXtensible Business Reporting Language.

Il s’agit d’un language informatique libre de droit qui vise à faciliter l’échange de données financières sous toutes ses formes aussi bien que le stockage ou le traitement de ces données. Il fonctionne sur le principe du tag (ou balise). L’origine de la balise se confond avec celle d’internet sur le mode de la poule et de l’œuf. En effet, c’est sur le principe de balise qu’est fondé l’hyperlien.

Appliqué aux données financières, en augmentant sensiblement le nombre de balises (c’est le sens du eXtensible), on obtient un système où chaque chiffre des états financiers peut être rattaché à des caractéristiques comptables et financières précises, le tout selon un référentiel organisé :

Ainsi comme pour les pages internet, à chaque chiffre sont associés des attributs issus d’un référentiel XBRL

(Source: J&J SEC Filings)

Dans le cas de Johnson & Johnson, d’une part le document est référencé pour ses caractéristiques générales (société déclarante, période de reporting, type de document etc) et d’autre part chaque chiffre possède ses caractéristiques propres selon la nomenclature XBRL auquel il est rattaché (us gaap dans l’exemple).
De ce point de vue et également parce qu’il s’agit d’un langage non propriétaire, le XBRL se positionne comme la transcription des standards du web dans la gestion des données financières.

 

  • XBRL : Who did that?

Le langage XBRL est effectivement libre de droits quant à son utilisation. Son développement, ses évolutions et sa promotion sont pris en charge par l’organisation éponyme. Cet organisme XBRL International se présente comme un consortium à but non lucratif de 550 sociétés.

En se penchant plus en avant sur la gouvernance de cette association, il ressort une composition qui emprunte son chiffre d’or au 4 quarts : ¼ firmes d’audit, ¼ organismes de réglementation comptables, ¼ acteurs du transfert interbancaire, ¼ entreprises du domaine de l’informatique et des technologies.
En synthèse, si le consortium est à but non lucratif, la majorité de ses membres ont eux clairement l’objectif de faire des profits, et s’ils offrent le XBRL au monde financier, il n’est pas certain que cela soit par philanthropie.

 

  • XBRL : When am I supposed to care ?

De sa création en 1998 à aujourd’hui, le XBRL a connu en premier lieu, de 1998 à 2005, un succès d’estime. Les divers projets d’adoption suivaient leur cours quand le 22 juillet 2004 la SEC a annoncé quelle évaluait l’intérêt des systèmes de balises (sans mention spécifique du XBRL). En 2005 elle a lancé dans la foulée un programme de déclaration volontaire via ce format spécifique. Depuis cette date, l’un des principaux moteurs d’adoption et de développement de ce format demeure l’approche mono standard adoptée par la SEC vis-à-vis du XBRL.

 

 

 

 

 

 

 

En synthèse, les multinationales déclarantes à la SEC ont pour l’instant l’obligation d’utiliser le XBRL. De même que les banques, les autres entreprises y sont invitées sur la base du volontariat.
En dehors du reporting financier, le XBRL est également utilisé pour les reportings à visée fiscale et pour certaines déclarations statistiques.

Le mouvement observable va cependant dans le sens d’une extension de ce format à horizon 2012-1015, en incluant la durée de transposition des directives européennes dans les législations des Etats membres.
Même s’il est probable que les grands acteurs du CAC hors secteur bancaire ne soient touchés qu’à moyen terme, les banques et d’autres acteurs déjà intéressés par ces évolutions, sociétés de conseil, SSII, éditeurs de logiciels se sont d’ailleurs déjà positionnés pour la plupart en direct ou en partenariat au sein des instances de gouvernance et de pilotage, que ce soit au niveau international ou local. L’approche de règlementations plus globales et sans doute plus contraignantes à horizon 2 à 3 ans devrait conduire la totalité des éditeurs de logiciels ainsi que les fournisseurs de solutions de reporting à intégrer complètement ce standard dans leurs offres.

 

  • XBRL : Where is it applied?

A ce jour le format XBRL est implémenté dans les principaux pays du G20 avec les exceptions notables du Brésil, de l’Argentine ou de la Russie.

 

 

 

 

 

 

 

Un des freins apparent à son développement large et rapide demeure le caractère non obligatoire de son utilisation, même s’il faut nuancer ces propos de l’impact de la culture financière locale. Les Pays-Bas sont par exemple dans une phase avancée d’adoption malgré l’apparente absence de contrainte.

 

  • XBRL : Why why why?

Il s’agit incontestablement d’une avancée majeure en termes d’automatisation des travaux de déclaration et d’analyse des données financières, mais cette avancée n’a pas la même portée pour tous les acteurs.

Au niveau des autorités chargées de collecter, puis de porter éventuellement un regard critique sur les données financières, l’avancée est majeure, aussi bien dans la taylorisation de la collecte et du stockage que dans la possibilité de réaliser des analyses de masse auparavant impossibles.

Pour l’acte de déclaration, le caractère normé et automatisé va à première vue dans le sens d’une facilitation.
Au niveau de leurs analyses propres, pour les entreprises déjà dotées de systèmes d’analyse multidimensionnelle de leurs données financières, le XBRL ne devrait pas apporter de révolution dans les analyses permises, juste un supplément appréciable (ou pas ?) de comparabilité.

Au-delà, le problème réside plutôt dans la multiplicité des référentiels produits (des dizaines par pays, par secteur d’activité, par autorité régulatrice etc.). Du nombre de référentiels existants, provient la difficulté de garantir leurs cohérences externes, qui se posera pour les entreprises déclarant dans plusieurs pays, pour le compte de plusieurs organes de supervision. Charge à elles de maintenir un reporting selon ces différents modes de balises (ce n’est qu’un problème technique certes) et surtout de maintenir la cohérence de leur communication financière alors que pour chaque chiffre il existe un compte dont la définition est rattachée au référentiel (plus complexe si deux normes n’ont pas la même approche de valorisation du même élément).

Enfin le niveau de détail demandé commence déjà à poser problème. Ainsi le site XBRL Blog rapportait il y a quelques mois cette inquiétude « SEC XBRL Mandate Part II – Be Afraid, Be Very Afraid ». De là à craindre un excès de bureaucratie, il n’y a qu’un pas que nous nous refusons à franchir…pour l’instant.

Le succès du XBRL est avant tout le fruit d’un souhait de transparence post-enron de la part des autorités régulatrices essentiellement américaines. Depuis, et malgré les réformes entreprises dans le domaine issues du même constat comme Sarbanes-Oxley, le système financier s’est surtout illustré par sa grande capacité à cacher et le régulateur US par son incapacité à contrôler de manière efficace. Tout se passe comme si actuellement en choc post traumatique, il entamait une manœuvre d’évitement et renonçait à réguler le contenu pour ne se focaliser que sur le contenant avec une méticulosité maladive.

Contact : Damien Palacci

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