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L’impression 3D ou fabrication « additive » est en effervescence. Le procédé révolutionne en effet la fabrication, par empilement de matière en opposition à la fabrication traditionnelle basée sur l’ablation de matière.

Cette remise en question de la chaine de valeur industrielle provoquera-t-elle la mort de nombreux sous-traitants devenus obsolètes ? Ou au contraire peut-on espérer la création d’un maillage de petits sous-traitants locaux, fort de leur proximité du besoin client et de leur capacité de personnalisation ?

Une autonomie nouvelle vis-à-vis de la sous-traitance...

Lorsque les entreprises conçoivent des systèmes composés de nombreuses pièces, elles n’ont souvent pas toutes les compétences pour réaliser la totalité du produit. Elles organisent alors les chaînes de production en conséquence et/ou font appel à la sous-traitance.

Révolution ! Là où plusieurs machines devaient auparavant être utilisées pour produire plusieurs pièces, une seule suffit à réaliser la plupart des objets désirés.

Le coût de maintenance et le temps de changement de série se trouvent d’autant amoindris. L’achat d’une machine d’impression 3D permet alors au donneur d’ordre de maîtriser l’ensemble du processus de production.

Le cas de GE Aircraft Engines et de son utilisation de l’impression 3D pour produire les buses de carburant pour sa nouvelle génération de moteurs LEAP illustre parfaitement cette démarche : GE est ainsi capable de fabriquer un produit composé d’une seule pièce… lorsqu’il en fallait auparavant 20.

… Toutefois, un nouvel espace s'ouvre pour la compétition...

Paradoxalement, la rupture technologique provoquée par l’impression 3D peut également permettre à de nouveaux entrants de déstabiliser les industriels solidement implantés sur certains marchés.

Les géants, qui ont optimisé leur Supply Chain et moyens de production pour produire en grande série des produits standardisés à faible coût, vont se retrouver confrontés à une forte compétition des acteurs de niche locaux qui, plus proches de leurs clients, risquent de leur damer le pion de manière imprévisible. Un sous-traitant local peut en effet envisager une fabrication au plus près du client et ainsi répondre exactement à son besoin.

... « Il y aura des morts ! » 

Une bonne partie des donneurs d’ordre historiques sera donc sérieusement mise en difficulté au regard de l’émergence de cette concurrence nouvelle. Ces acteurs déjà implantés devront nécessairement procéder à des réorientations stratégiques en termes de positionnement afin d’assurer leur survie.

Pour autant, une zone de forte turbulence s’annonce également au sein des nouveaux entrants. « Il y aura des morts ! », avertit Paul-Henri Renard, le directeur général du Centre technique des industries de la fonderie. Car si la demande en prestations par impression 3D ne cesse d’augmenter, les acteurs sont déjà très nombreux. L’industrie française tourne depuis plusieurs décennies avec uniquement une dizaine d’imprimeurs 3D. En quelques années seulement, ce marché à haut potentiel a déjà multiplié par 10 le nombre d’acteurs. Les nouveaux devront redoubler d’imagination et démontrer leurs plus-values dans un environnement qui s’annonce très concurrentiel.

Certains nouveaux entrants remplaceront surement les acteurs traditionnels de la Supply Chain. S’il est encore tôt pour identifier les gagnants, nous pouvons être sûrs… qu’il n’y aura pas de la place pour tout le monde !

Auteur :
Christophe Dubois-Destrizais