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Cet article est le troisième d’une série de 3 articles consacrés aux changements induits par l’avènement des véhicules autonomes et connectés au sein des industries automobile et ferroviaire.

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Le transport de marchandises par camions autonomes est contraint par des réglementations variant d’un pays à un autre (vitesses limites autorisées, distances de sécurité, signalisation, etc.), mais ces freins seront de plus en plus minces si l’homogénéisation des cadres réglementaires se poursuit.

Un transport sûr, économique et respectueux de l’environnement

Malgré les contraintes réglementaires persistantes, le transport routier de marchandises sera dynamisé. Pour exemple, une start-up de la Silicon Valley nommée Otto, créée par des anciens employés de Google, Tesla et Apple développe actuellement un logiciel pouvant s’implémenter sur les camions existants et les rendre totalement autonomes. Ce nouveau concept vise avant tout à améliorer la sécurité r

outière en permettant aux chauffeurs de se reposer plus régulièrement. D’autres marques comme Daimler Trucks se sont lancées dans la course. Ils s’imaginent déjà mettre en circulation des « colonnes de camions » autonomes et connectés sur les voies rapides afin de massifier les flux sans rupture de charge.

Il s’agit également de rationaliser les déplacements en choisissant de se déplacer aux horaires où le trafic est le moins dense. Conséquences directes : réduction des bouchons, baisse des émissions de dioxyde de carbone et plus largement meilleur respect des normes environnementales pour un mode de transport accusé d’être trop polluant.

Prochaine étape du développement des véhicules autonomes, l’usage des camions sans chauffeurs se veut un formidable outil d’efficacité logistique. Pour preuve, le constructeur Volvo s’est récemment lancé dans l’expérimentation de ces véhicules connectés dans des mines suédoises. L’objectif annoncé : produire des gains de productivité et réduire les risques de déplacement dans des contextes difficiles.

Une concurrence directe pour le train ?

Véritables « trains de camions », on pourrait croire à une provocation envers le transport de fret ferroviaire. Mais malgré une baisse de la consommation résultant des effets d’aspiration et de réduction des freins aérodynamiques des déplacements en peloton, le train conserve une avance en terme d’efficacité. L’automatisation du train s’avère bénéfique à plusieurs titres :

  • Baisse de la consommation en énergie de près de 15% (ex. optimisation de la vitesse et du freinage)
  • Gains de productivité et plus grande ponctualité (ex. stabilisation des temps de trajet et des stops en gares)
  • Réduction des risques reposant en majorité sur le facteur humain, etc.

Afin de maintenir ses parts de marché, il doit néanmoins améliorer ses modèles de coûts et accroître sa souplesse d’utilisation en permettant une meilleure couverture porte-à-porte. La digitalisation du secteur ferroviaire fournit cette marge de progression même si trop souvent le rail fait appel au digital pour résoudre des problématiques opérationnelles plus que pour actionner des leviers de croissance stratégiques. Le ROI de la digitalisation du ferroviaire est en effet mal perçu et les coûts d’implémentation généralement critiqués. Pour soutenir cette digitalisation du train, l’Union Européenne supporte un « espace ferroviaire unique européen du numérique » à travers son programme de recherche Shift2Rail. Objectif : généraliser l’implémentation des solutions digitales dans le secteur ferroviaire.

Auteurs:
Edouard Chambalu, Analyst
Martial Soulie, Manager
François Lanquetot, Associé