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Le développement des objets connectés est au cœur de l’actualité. Ils font désormais partie de notre quotidien et les applications dans le domaine de la santé sont prometteuses. De leur définition aux conséquences de leur apparition, quels sont les enjeux pour le monde de la santé ?

L’objet connecté est un objet, électronique et mobile, dont les capteurs permettent de mesurer des données portant sur notre corps et ses phénomènes biologiques. Ce sont par exemple des bracelets mesurant notre pouls, des chaussures rendant compte de notre activité physique, des patchs capables de déceler notre stress en analysant notre transpiration ou encore des brassières à même de détecter un cancer du sein avant même que celui-ci ne soit visible via les méthodes traditionnelles.

Les objets connectés sont ainsi vecteurs d’innovation et ont pour principaux objectifs :

  • L’amélioration et la promotion des actions de prévention,
  • L’optimisation de l’accompagnement des patients atteints de maladies chroniques,
  • L’amélioration de la prise en charge d’une pathologie.

Preuve de l’intérêt pour leur utilisation, l’URPS des médecins Auvergne-Rhône-Alpes a mis en place une expérimentation « Objets connectés »[1] (prévue de mai 2016 à mars 2017), basée sur la collecte des données des patients insuffisants cardiaques à partir d’un tensiomètre, d’un traceur d’activité, d’une balance et d’une plateforme sécurisée, dans le but d’évaluer l’impact des objets connectés dans les pratiques professionnelles.

Nous proposons ci-dessous quelques illustrations de l’utilité des objets connectés :

  • Organisation hospitalière: les objets connectés peuvent créer de réelles opportunités en termes de management et de gestion des hôpitaux.
  • Amélioration de la gestion des urgences : Le personnel soignant pourrait par exemple donner un patch à chaque patient arrivant, permettant de mesurer la pulsation de son cœur, sa température, sa tension…etc, et ainsi de cerner plus rapidement les patients prioritaires.
  • Limitation des déplacements des personnels et meilleure gestion des équipements : en équipant les patients d’un bracelet porteur d’une puce RFDI permettant de le localiser, on peut ainsi éviter de mobiliser une salle lorsque la personne est déjà en examen ou encore de la « perdre ».
  • Parcours de soins: les objets connectés pourraient révolutionner le parcours de soins traditionnel, durant lequel, malades, nous nous rendons chez notre médecin traitant pour une auscultation et une prescription.
  • Collecte en continue des données: Les objets connectés pourraient permettre la télésurveillance d’un patient, notamment pour ceux atteints de maladies chroniques, en permettant une collecte en continu des données. Ainsi, il est imaginable que des objets puissent mesurer rapidement les taux de vitamines dans le sang, alerter sur des baisses de tensions ou des hausses de températures qui pourraient passer inaperçues… ce qui permettrait de détecter en amont les crises. Ainsi, des « kit de surveillance » sont d’ores et déjà commercialisés et permettent une surveillance des données à distance.

Télésurveillance médicale: possibilité pour un professionnel médical d’interpréter à distance des données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient (Code de la Santé Publique)

  • Optimisation du nombre et du temps de consultation : Les consultations pourraient s’en trouver à la fois plus courtes et plus poussées. Ainsi, les patients désirant un certificat médical pourraient porter un dispositif mesurant leurs données durant plusieurs jours, y compris durant leurs séances de sport, suite à quoi les médecins seraient en capacité d’analyser plusieurs jours de résultats. Dans cette optique, les renouvellements d’ordonnance ou d’arrêt de travail pourraient être réalisés à distance, toujours en analysant les données d’un patient à distance. De cette manière, les consultations s’appuieraient sur davantage de données, prendraient moins de temps et permettraient de créer un véritable pont entre une logique curative, aujourd’hui décriée, et une logique préventive de plus en plus demandée.

Ce n’est pas de la science-fiction, les objets connectés répondent bien aux réalités d’aujourd’hui ! Ainsi, le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) encourage d’ores et déjà la communauté à « accompagner le déploiement du monde numérique appliqué à la santé et à en adopter eux-mêmes les aspects utiles et bénéfiques dans leurs pratiques médicales »[2]. Cependant, de nombreuses questions restent encore à régler. En effet, le déploiement des objets connectés ne pourra se faire sans une évolution des mentalités vers l’adhésion à ces nouvelles pratiques, ce qui peut sembler encore incertain au vu des difficultés rencontrées lors de la mise en place de la première version du dossier médical électronique qui se heurtait à la réticence des patients.

Le déploiement des objets connectés dans le domaine de la santé publique ne peut donc s’envisager qu’en passant par l’expérimentation de nombreuses initiatives innovantes permettant de garantir la généralisation des meilleurs projets, par le positionnement de l’Etat comme un acteur majeur de la régulation, de la certification, de l’intégration et de la coordination entre les acteurs et par la mise en œuvre de nouvelles politiques s’intégrant dans une véritable stratégie de santé connectée.

Auteurs:
Axelle Paquer, Associée
Antoine Andrieux, Manager
Cyrielle Héronneau, Consultante

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