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Alors que la consultation publique sur l’avant-projet de loi pour une République numérique s’est achevée le 18 octobre, les administrations doivent prendre conscience des opportunités offertes par la publication et la massification des données, ainsi qu’adopter une stratégie ambitieuse en la matière. Comme l’a récemment rappelé l’OCDE[1], l’Open Data et les Big Data constituent des ressources uniques dont le secteur public peut tirer profit dans l’exercice de ses missions. Une utilisation élargie et réfléchie des données peut notamment aider les administrations à :

  • Améliorer la qualité du service public rendu aux usagers. Une architecture de données performante est à même de faciliter les démarches des citoyens dans leurs relations avec l’administration. Le partage de données inter-administrations peut par exemple permettre aux usagers de disposer de formulaires pré-remplis avec leurs données, afin d’éviter des actions répétées et chronophages.
  • Renforcer la transparence du secteur public. La simplification et la modernisation de l’accès aux données publiques passent par un recours accru aux outils numériques. Il s’agit d’améliorer l’accessibilité et l’intelligibilité de certaines données détenues ou générées par les administrations. Cette mise à disposition de données peut en retour favoriser la compréhension et l’acceptation des politiques publiques par les citoyens.
  • Elaborer les politiques publiques : les Big Data ouvrent de nouvelles perspectives pour décrire la réalité et formuler des prévisions. Elles peuvent donc permettre des prises de décision étayées par des informations plus précises et plus fiables. L’utilisation de données peut ainsi trouver des applications dans de nombreux domaines, tels que la santé publique, la politique de l’emploi, l’environnement ou encore la lutte contre la criminalité et les fraudes.
  • Evaluer l’impact des politiques publiques et calibrer les réponses adéquates, via l’analyse de données en temps réel et leur mise en relation avec les objectifs initiaux des décisions.

Les données offrent ainsi de nombreuses possibilités d’applications au secteur public. A cet égard, la France a déjà pris des initiatives notables :

  • La création d’un portail interministériel unique de partage des données publiques, administré par la mission Etalab au sein du SGMAP.
  • La nomination d’un administrateur général des données[2], ce qui constitue une première pour un Etat européen. Ses missions couvrent notamment la définition d’une gouvernance des données, le contrôle de leur qualité et le développement de leur utilisation pour les politiques publiques.
  • La participation à l’Open Government Partnership et la transmission dans ce cadre d’un plan d’action national en juillet 2015, qui comprend des engagements pour renforcer la politique d’ouverture et de circulation des données, et doit faire l’objet d’une première auto-évaluation en juillet 2016.

Grâce à ces évolutions, l’OCDE classe aujourd’hui la France au 2ème rang des Etats ayant le plus progressé en matière d’Open Data, juste derrière la Corée du Sud[3]. Poursuivre et concrétiser ces efforts suppose notamment :

  • Des ressources humaines et technologiques : la mise à profit des Big Data nécessite des outils élaborés permettant de stocker, analyser et représenter les données, ou encore de formuler des prévisions à l’aide d’algorithmes.
  • Un partage de données entre administrations et le développement d’une culture collaborative : dans une logique de performance et de productivité, les données doivent pouvoir circuler au sein de la sphère publique, afin d’être consultées et réutilisées.
  • Une démarche de collaboration avec le secteur privé, notamment pour bénéficier de ses capacités de collecte de données
  • Une gestion des risques maîtrisée et une régulation proportionnée, afin de garantir la protection des données personnelles et confidentielles

Auteur:
Vincent Prats, Consultant

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